Concerts aux XX et à La Libre Esthétique (1883-1914). Du wagnérisme à la jeune école française : effervescence artistique et hégémonie musicale
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- Dans les dernières décennies du XIXe siècle, la modernité musicale et artistique se déploie à un rythme effréné à Bruxelles, engendrant des modifications culturelles, sociales, politiques et économiques. Ce contexte d’effervescence voit la création de collectifs d’avant-garde se dressant contre le Conservatoire, institution de référence, et revendiquant le renouvellement du langage musical et de ses pratiques concertantes. Ce mémoire s’intéresse plus particulièrement au cas du Groupe des XX et de son successeur, La Libre Esthétique, qui associent presque systématiquement musique et arts plastiques lors de leurs Salons annuels. Il s’agit dans ce travail de recherches d’interroger comment l’héritage wagnérien en Belgique agit comme foyer et tremplin de l’affirmation d’une modernité musicale portée par la jeune école française post-franckiste menée par Vincent d’Indy, figure tutélaire et modèle suivi par plusieurs compositeurs belges. Cette hégémonie francophone, imprégnant la sociabilité mondaine bourgeoise de la capitale, s’accompagne néanmoins d’une exclusion quasi-totale de l’école flamande des programmations. À travers un large corpus de sources, ce mémoire tente, en premier lieu, de recontextualiser le climat socio-économique, historique et idéologique d’une élite bourgeoise à l’origine de l’engouement artistique et du financement permettant aux expositions de voir le jour, tout en caractérisant également son public privilégié. En second lieu, ce travail de recherches propose une étude ciblée des répertoires exécutés et de leurs enjeux au sein de la production compositionnelle francophone, envisagée dans le prolongement du wagnérisme musical.