La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) dans l'enseignement secondaire: comprendre les déterminants de la réticence vaccinale parentale en Fédération Wallonie-Bruxelles.
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- INTRODUCTION : Le papillomavirus humain (HPV) est l'une des infections les plus sous-estimées de notre époque. Pourtant, les chiffres parlent clairement d'eux-mêmes: 4 personnes sur 5 seront infectées au moins une fois dans leur vie. La plupart du temps, le virus disparaît sans laisser de traces. Mais dans certains cas, il peut évoluer vers des formes bien plus graves comme les cancers du col de l'utérus, cancers anaux, oro-pharyngés ou péniens. En Fédération Wallonie-Bruxelles, il est proposé gratuitement via la médecine scolaire dans l'enseignement secondaire ainsi que chez les médecin traitant. Pourtant, selon les enquêtes de l'ONE en 2022-2023, seulement 59,7% des élèves de 2e secondaire avaient reçu la première dose et 52,4% la seconde dose. Ce sont des chiffres qui restent assez loin de l'objectif fixé par l'OMS : 90% de couverture vaccinale d'ici 2030. Alors pourquoi tant de parents refusent encore de le faire administrer à leurs enfants? C’est justement cette question qui est au cœur de mon mémoire. MÉTHODES : Pour aller au-delà des statistiques et vraiment saisir ce qui freine les parents, j'ai choisi une approche qualitative. J’ai préféré donc aller à la rencontre des gens et les écouter. J'ai mené des entretiens semi-directifs auprès de parents habitant en Fédération Wallonie-Bruxelles et qui ont leurs enfants scolarisés dans l'enseignement secondaire. Certains avaient refusé le vaccin, d'autres avaient simplement repoussé la décision. J’ai également interrogé des parents ayant accepté la vaccination HPV pour leur enfant afin de faire un comparatif. Ce format m'a permis de vraiment comprendre ce qui se cache derrière un simple refus ou un report de vaccination RÉSULTATS: Plusieurs freins récurrents ont émergé des entretiens. La crise du COVID-19 a laissé des traces durables. Beaucoup de parents portent désormais une méfiance générale envers les vaccins, qui se répercute aujourd'hui sur la vaccination contre le HPV. La peur des effets secondaires revenait également assez souvent. Cette peur était nourrie par des témoignages de l'entourage ou des informations circulant sur les réseaux sociaux. Le manque de recul était aussi très présent puisque plusieurs parents estimaient ne pas avoir suffisamment de données à long terme pour décider sereinement. Enfin, une croyance traversait presque tous les discours. C’était le fait que le HPV ne concernerait que les femmes. Les hommes sont perçus comme de simples vecteurs. Cette croyance genrée, encore bien ancrée aujourd'hui, soulève une vraie question sur la manière dont on communique autour de ce vaccin et sur ce qu'il faudrait changer pour enfin convaincre ceux qui en ont besoin...