De quelle(s) manière(s) les relations entre le monde animaliste et le monde politique s'articulent-elles pour faire avancer la cause animale à Bruxelles ?
Baraka, Sabrina
Files
Baraka_93212200_2025.pdf
Open access - Adobe PDF
- 1.73 MB
Details
- Supervisors
- Dock, Thierry
- Faculty
- Faculté des sciences économiques, sociales, politiques et de communication
- Degree label
- Master [120] en politique économique et sociale, à finalité spécialisée (horaire décalé)
- Abstract
- Ce mémoire s'intéresse à la cause animale, un enjeu sociétal au coeur d'une profonde mutation des normes et des sensibilités. Il relève d'une volonté de mieux comprendre comment les dynamiques relationnelles entre le monde animaliste et le monde politique influencent - ou entravent les avancées concrètes en matière de bien-être animal à Bruxelles, région aussi complexe que symbolique. En dépit d'une politisation croissante de la cause, la capitale demeure confrontée à des blocages majeurs, tels que l’absence d’un Code bruxellois du bien-être animal ou d’une législation encadrant l’abattage avec étourdissement, contrairement aux deux autres régions du pays. La méthodologie repose sur une analyse qualitative combinant un examen de la lecture scientifique et une analyse empirique issue du terrain bruxellois qui permettent de mettre en lumière les mécanismes d'influence, les obstacles institutionnels, les rapport de pouvoir et l'évolution des dynamiques sur la période 2014 - année de la régionalisation de la compétence - à 2024. La discussion met en lumière une tension entre la reconnaissance symbolique de la cause animale et sa concrétisation dans les politiques publiques bruxelloise. Si sa légitimité ne cesse de croître son inscription à l'agenda politique demeure inégale et fragmentée. L'analyse confirme l’émergence de la cause animale comme un nouvel objet politique à Bruxelles, bien qu’encore fragile et inachevé et ouvre la voie à des perspectives comparatives avec les régions du pays, ainsi qu’à une réflexion sur la capacité des institutions à intégrer durablement les revendications animaliste dans la décision politique. Cette recherche met également en évidence des rapports de force complexes tout autant qu’une forte dépendance au facteur humain. Un apport inattendu dans ce mémoire réside dans la mise en lumière d'une perception genrée de la cause animale. Se trouvant encore associée à des qualités "féminines" et étant reléguée aux "matières douces", cette perception est susceptible d'entraver sa pleine légitimation politique. Cette observation ouvre des perspectives de réflexions sur l'intégration des valeurs de "care" (valeurs de sollicitudes) dans l'action publique. Une exploration croisée entre genre et animalisme qui pourrait également enrichir les recherches futures et contribuer à une revalorisation politique de la cause animale, envisagée comme une cause universelle.