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- Objectif : Ce mémoire vise à comprendre dans quelle mesure le locus de contrôle en santé, c’est-à-dire la manière dont les individus perçoivent leur capacité à influencer leur état de santé, influence la participation au dépistage du cancer colorectal (CCR) en Belgique, chez les personnes âgées de 50 à 74 ans. L’objectif est de mieux identifier les facteurs psychologiques susceptibles d’expliquer les comportements de prévention, afin de proposer des pistes d’amélioration pour les programmes de dépistage. Méthodes : Une enquête quantitative a été menée entre février et avril 2025 via un questionnaire en ligne auto-administré, diffusé sur la plateforme Qualtrics. L’échantillon final comprend 136 personnes. Le questionnaire portait sur les caractéristiques sociodémographiques, les attitudes face au dépistage, et le locus de contrôle en santé, mesuré à l’aide de l’échelle MHLC (Multidimensional Health Locus of Control), comprenant trois dimensions : IHLOC (locus interne), CHLOC (locus externe-chance) et PO-EHLOC (locus externe-médecins). Les données ont été analysées par régressions logistiques (univariées et multivariées) pour identifier les facteurs associés à la réalisation du test de dépistage. Résultats : Parmi les 105 participants ayant reçu une invitation au dépistage, 61,9 % ont réalisé le test. L’analyse montre que les personnes ayant un locus de contrôle interne élevé (IHLOC) sont significativement plus nombreuses à se faire dépister. À l’inverse, un score élevé au CHLOC est associé à une moindre participation. D’autres facteurs influents sont identifiés, comme le sexe féminin, un niveau d’études plus élevé et la fréquence des examens médicaux. La variable PO-EHLOC n’est pas significativement liée à la participation. Discussion : Les résultats confirment le rôle central du locus de contrôle comme déterminant psychologique du comportement de dépistage. Les personnes convaincues que leur santé dépend de leurs propres actions sont plus enclines à adopter des comportements de prévention. Ces observations plaident pour une personnalisation des campagnes de communication, qui devrait mieux tenir compte des profils psychologiques des individus. Les écarts de participation selon les régions, l’influence de la pandémie et certaines limites méthodologiques (échantillonnage non probabiliste, auto-sélection) sont également discutés. Conclusion : Le locus de contrôle en santé constitue un levier pertinent pour comprendre et améliorer la participation au dépistage du cancer colorectal. Il serait recommandé de développer des stratégies de sensibilisation ciblées, de renforcer le rôle des professionnels de santé, et de réduire les inégalités d’accès au programme de dépistage, notamment en Wallonie et à Bruxelles. Mieux intégrer les dimensions psychologiques dans les politiques de prévention pourrait permettre d’augmenter les taux de participation à long terme.