La place du témoignage dans les documentaires sur le génocide rwandais Mon voisin, mon tueur (2009) et Ibuka, Justice (2024)

(2026)

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Ce mémoire interroge la place du témoignage dans deux documentaires sur le génocide des Tutsis au Rwanda : Mon voisin, mon tueur (Anne Aghion, 2009) et Ibuka, Justice (Mahoro Justice Rutikara, 2024). Il montre que les deux films partagent le témoignage comme matériau central, mais l’articulent différemment avec les autres composantes du documentaire de mémoire (archives et reconstitutions). Mon voisin, mon tueur repose principalement sur des témoignages filmés dans le cadre des gacaca et met en avant une mémoire de proximité, ancrée dans un territoire, des relations de voisinage et un dispositif judiciaire communautaire. Ibuka, Justice combine quant à lui voix des parents, archives familiales et animation, et s’inscrit dans la logique de la post‑mémoire, où la génération d’après se réapproprie le traumatisme par le dessin. En croisant notamment les travaux de Niney, Fevry, Hirsch, Ricœur et Dulong, le mémoire conclut que le témoignage est une ressource majeure parce qu’il relie mémoire individuelle et mémoire collective, tout en rendant visibles les tensions entre vérité, justice, réconciliation et transmission d’un événement aussi traumatique que le génocide des Tutsis.