L'influence de la scénographie sur la perception et l'expérience des œuvres : à partir d'une étude de cas au CAP : Musée des Beaux-Arts de Mons dans le cadre de l'exposition : David Hockney Le chant de la terre

(2026)

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Abstract
Ce mémoire interroge l'influence des choix scénographiques sur la perception, la compréhension et l'expérience des œuvres par les visiteurs. Il prend appui sur une étude de cas conduite au CAP - Musée des Beaux-Arts de Mons, dans le cadre de l'exposition « David Hockney - Le chant de la terre » (octobre 2025 – janvier 2026). La démarche croise une étude théorique et une étude empirique basée sur deux niveaux d'analyse. D'un côté, les intentions scénographiques, saisies à travers trois entretiens semi-directifs avec des professionnels du secteur : un scénographe indépendant, le directeur du Pôle muséal de Mons et commissaire de l'exposition, et une coordinatrice de projets à Bozar. De l'autre, les effets vécus, appréhendés via un questionnaire soumis à l'ensemble des visiteurs de l'exposition et ayant récolté cinquante-cinq réponses. Les résultats confirment que la scénographie exerce une influence réelle et mesurable sur l'expérience de visite. Les dimensions sensorielles - musique, couleurs, ambiance, agencement - sont les mieux évaluées et les plus efficacement mémorisées. La narration scénographique produit des effets cognitifs réels ; une majorité de visiteurs déclare avoir découvert des liens inattendus entre les œuvres. Les données révèlent également des effets de fidélisation ; 62 % des répondants souhaitent revenir au musée. Des écarts persistent cependant entre intentions et réception. La signalétique et la lisibilité du parcours restent des points de friction. La présence du numérique divise. La gestion de la fréquentation échappe quant à elle à la maîtrise scénographique. Ces écarts ne constituent pas des échecs, mais des pistes d'amélioration et des révélateurs de la complexité irréductible de la conception muséale. Ce travail conclut que la scénographie est un dispositif de conditions et pas de résultats. Elle organise les possibles de la rencontre entre l'œuvre et le visiteur. Mais c'est ce dernier qui, in fine, construit le sens. Cette conviction ancre la scénographie dans le champ de la médiation culturelle, comme un geste d'hospitalité au service de la rencontre.