Évaluation de l’effet combiné de bandes aménagées et de l’association blé-féverole d’hiver sur les pucerons et leurs ennemis naturels

(2026)

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Au cours du siècle dernier, l’intensification de l’agriculture a engendré d’importantes dégradations environnementales ainsi que l’émergence de résistances aux insecticides chez de nombreux ravageurs des cultures. Pour y faire face, les pratiques de diversification végétale ont démontré leur efficacité à promouvoir la lutte biologique par conservation. Cependant, leurs effets sont presque systématiquement étudiés de manière isolée, sans prendre en compte leurs interactions potentielles lorsqu’elles sont combinées. Dans ce contexte, ce mémoire évalue l’influence conjointe de bandes aménagées (pérennes herbeuses, fleuries) et d’une culture en mélange de blé-féverole d’hiver (Triticum aestivum / Vicia faba) sur les populations de pucerons des céréales et de leurs ennemis naturels. Le travail a été mené sur douze parcelles réparties dans trois régions agricoles wallonnes. Il met en évidence un effet prépondérant de la culture en mélange qui réduit significativement l’abondance des pucerons, avec près de quatre fois moins d’individus que dans la monoculture lors du pic d’infestation, et s’accompagne d’une présence plus précoce des ennemis naturels, maintenant un rapport pucerons/auxiliaires significativement plus faible. À l’inverse, aucun effet significatif de la distance à la bande aménagée n’a été détecté sur les populations de pucerons ou d’ennemis naturels. De plus, l’analyse met en évidence une interaction entre le recouvrement floral de la bande et le type de culture. L’augmentation du recouvrement floral est associée à une hausse significative de l’abondance des ennemis naturels uniquement dans les monocultures, suggérant un effet de débordement vers un milieu plus pauvre en ressources. Dans la culture associée, l’absence d’effet du recouvrement floral reflète une moindre dépendance à ces ressources externes, potentiellement liée aux ressources fournies directement par la féverole. Ce travail souligne l’importance d’articuler la diversification végétale à l’échelle intra- et péri-parcellaire sans pour autant mettre en évidence d’effet additif ou de synergie entre les différentes pratiques. Il invite à développer la diversification des agroécosystèmes, afin de renforcer la régulation biologique des bioagresseurs.