Je n’ai plus de larmes pour pleurer de Freidoune Sahebjam : Un engagement politico-social sous l’ombrelle d’un témoignage véridique fictionné
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- Ce travail souligne l’hybridité d’un genre apparu à l’orée du vingtième siècle : le roman-témoignage. Il souligne l’ambiguïté subtile entre la vérité et l’énonciation de propos véridiques. Cette distinction nous la retrouvons dans l’œuvre d’un auteur iranien d’expression française : Freidoune Sahebjam. Dans Je n’ai plus de larmes pour pleurer (1985), il façonne le matériau testimonial en lui conférant une dimension littéraire singulière. À travers ce processus de sublimation où la genèse textuelle surgit du chaos traumatique du récit de son témoin : Reza Behrouzi un ex-enfant-soldat enrôlé dans l’armée khomeyniste pendant la guerre du Golfe. Il y déploie son récit de survivant des abysses de l’Enfer dans lequel il a été éjecté au nom de la patrie, d’Allah, de Hossein, d'Ali et du guide suprême. Ce testament ontologique cache en ses replis l’engagement d’un écrivain contre les idéologies sacrificielles et le dogmatisme religieux. En recueillant et romançant ce témoignage, Sahebjam devient lui-même témoin.