La profession d'hygiéniste bucco-dentaire en Belgique : enjeux de valorisation et de financement

(2026)

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Introduction : La santé bucco-dentaire représente un enjeu majeur de santé publique en Belgique. Malgré la reconnaissance légale des hygiénistes bucco-dentaires (HBD) depuis 2018, leur intégration dans le système de soins reste limitée, notamment en raison d’un financement insuffisamment adapté aux missions préventives. Ce travail vise à analyser les possibilités de financement de la profession d’hygiéniste bucco-dentaire en Belgique et à identifier les leviers permettant son intégration durable. Méthodes : Une méthodologie mixte a été utilisée. Le volet qualitatif repose sur des entretiens semi-directifs menés auprès de différentes parties prenantes du système de soins belge (HBD, dentistes et acteurs institutionnels), analysés selon une approche thématique inductive. Un volet quantitatif complémentaire a été réalisé auprès de 56 patients afin d’évaluer leur consentement à payer pour une consultation préventive réalisée par un HBD. La triangulation des données a permis de confronter les perceptions des professionnels, des décideurs et des patients. Résultats : Les résultats montrent un consensus sur la valeur ajoutée des HBD dans la prévention et l’éducation à la santé bucco-dentaire. Toutefois, leur intégration reste freinée par un modèle de financement principalement centré sur les actes techniques. Les professionnels soulignent que ce système limite le temps consacré à l’éducation thérapeutique, au suivi personnalisé et à la prévention à long terme. Le questionnaire auprès des patients met en évidence un consentement à payer moyen de 59,38 € (médiane : 50 €) pour une consultation préventive, avec une variabilité importante selon les profils socio-économiques. Discussion et conclusion : Cette étude montre que le financement des HBD ne peut se limiter à la création de nouveaux codes de nomenclature. Une évolution vers des modèles de financement davantage orientés vers la prévention, la qualité et la continuité des soins apparaît nécessaire. Des modèles mixtes ou forfaitaires pourraient permettre de valoriser non seulement les actes techniques, mais également l’accompagnement éducatif et le suivi longitudinal des patients. L’intégration durable des HBD constitue ainsi une opportunité de repenser l’organisation de la prévention bucco-dentaire en Belgique. Mots-clés : Hygiéniste bucco-dentaire ; financement des soins ; prévention bucco-dentaire ; nomenclature ; consentement à payer ; Belgique.