Comorbidités cardio-pulmonaires: Étude mixte des pratiques de repérage et d’orientation entre pneumologie et cardiologie en consultation ambulatoire au CHU Saint-Pierre
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- Contexte. La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et les maladies cardiovasculaires, en particulier l’insuffisance cardiaque, sont deux affections chroniques fréquemment associées. Elles partagent des facteurs de risque et des mécanismes physiopathologiques communs. Leur coexistence est associée à une augmentation de la morbidité et de la mortalité, mais leur détection croisée reste rarement systématisée dans les parcours de soins. Objectif. Ce mémoire vise à analyser dans quelle mesure les pratiques de repérage et d’orientation entre la pneumologie et la cardiologie influencent la détection des comorbidités cardio-pulmonaires chez les patients suivis en consultation ambulatoire au CHU Saint-Pierre. Méthode. Une approche mixte de type convergent parallèle a été adoptée, combinant un volet quantitatif et un volet qualitatif menés simultanément. Le volet quantitatif repose sur une cohorte de 55 patients issus d’une étude clinique de dépistage croisé : 31 patients ont été recrutés en pneumologie, 23 en cardiologie et, pour un patient, le service d’entrée n’a pas pu être déterminé. Les données ont été analysées à l’aide du logiciel IBM SPSS Statistics. Le volet qualitatif s’appuie sur dix entretiens semi-structurés menés auprès de professionnels des deux spécialités , médecins, infirmières et kinésithérapeute , analysés selon une démarche thématique inductive et interprétés à la lumière du modèle de continuité des soins de Haggerty et al. Résultats. Dans le bras pneumologie, une atteinte cardiovasculaire confirmée ou suspectée a été détectée chez 5 patients sur 31 (16,1 %). Cette proportion atteignait 45,2 % lorsque les facteurs de risque cardiovasculaire nouvellement documentés étaient inclus. Dans le bras cardiologie, une BPCO a été confirmée chez 3 des 21 patients disposant d’examens interprétables (14,3 %), tandis qu’une anomalie respiratoire au sens large a été identifiée chez 8 patients sur 21 (38,1 %). Le NT-proBNP était le seul marqueur présentant une différence statistiquement significative entre les deux bras (p = 0,003). Les entretiens montrent que le repérage repose principalement sur le jugement clinique individuel, en l’absence de critères ou de protocoles communs. La coordination entre les deux spécialités demeure largement informelle et dépend davantage des relations interpersonnelles que d’une organisation structurée. Conclusion. Les difficultés observées semblent davantage relever d’une organisation encore insuffisamment structurée du repérage et de la coordination que d’un manque de compétences ou d’outils. La mise en place de critères de repérage partagés, d’une consultation conjointe dédiée à la dyspnée et d’un rôle infirmier de coordination pourrait favoriser une détection plus précoce et plus homogène des comorbidités cardio-pulmonaires en ambulatoire.