Statut social des femmes et enregistrement à l’état civil des naissances des enfants de moins de cinq ans en RDC : une analyse à partir des données de l’enquête MICS 2018

(2025)

Files

Jollivet_Nsungu_Mputu.pdf
  • Open access
  • Adobe PDF
  • 2 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
L’enregistrement des naissances joue un rôle essentiel dans la reconnaissance juridique des individus et constitue une condition clé pour l’accès aux droits sociaux. Il permet aux États de planifier leurs politiques publiques et de garantir à chaque enfant l’accès à des services de base comme l’éducation, la santé ou la protection sociale (UNICEF, 2019). En République démocratique du Congo, ce droit reste largement non effectif. Selon l’enquête MICS 2018, seuls 40,1 % des enfants de moins de cinq ans sont enregistrés à l’état civil, un niveau inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cette situation reflète des inégalités persistantes dans l’accès à ce service, encore peu étudiées dans la littérature. Cette étude s’intéresse à l’effet du statut social des femmes sur l’enregistrement des naissances, en mobilisant une approche multidimensionnelle à partir des données représentatives de l’enquête MICS-RDC 2018. Les résultats, issus d’une analyse par régression logistique binaire, mettent en évidence un gradient social clair : plus le statut social d’une femme est élevé, plus ses enfants ont de chances d’être enregistrés. Toutefois, cet effet apparaît atténué chez les femmes vivant en union, suggérant que la situation matrimoniale peut limiter leur pouvoir décisionnel dans les démarches administratives. Par ailleurs, l’analyse confirme l’impact significatif de facteurs économiques, résidentiels et culturels. L’ensemble de ces résultats souligne la nécessité de mieux prendre en compte les contraintes sociales et familiales qui influencent la capacité d’agir des femmes, dans les politiques visant à renforcer l’enregistrement des naissances.