Le populisme pénal face à la délinquance des élites politiques : Etude du traitement médiatique de la condamnation de Marine Le Pen
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- Par un jugement du 31 mars 2025, le Tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen, l’ancienne Présidente du parti politique français Rassemblement National (RN), à une peine de quatre ans d’emprisonnement et de cinq ans d’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire, du chef de détournement de fonds publics. Cette condamnation a suscité l’indignation de la principale intéressée, mais également de multiples réactions sur la scène politique tant nationale qu’internationale et de la part des citoyens. Ces évènements nous ont conduit à nous interroger sur l’apparente contradiction qui existe entre le populisme pénal et l’attitude des élites politiques (a fortiori populistes) lorsqu’elles sont, elles-mêmes, confrontées à la sanction pénale. Dans ce mémoire, nous allons interroger cette tension centrale au moyen de l’analyse du traitement médiatique de la condamnation de Marine Le Pen. La recherche menée dans le cadre de ce mémoire montre que le traitement médiatique de cette condamnation nous offre deux visions diamétralement opposées de l’« affaire Marine Le Pen ». L’analyse de 116 articles de presse parus dans différents journaux au cours de la semaine qui a suivi le prononcé de la condamnation met en avant le fait que la contradiction entre les composantes et les codes du populisme pénal d’une part et la contestation de la condamnation des élites d’autre part est majoritairement relevée par les médias. Elle nous permet toutefois aussi de constater que le populisme pénal peut habilement s’accommoder d’une indignation face à la condamnation de l’une de « ses » élites, sans pour autant se contredire. La mise en scène médiatique de la condamnation de Marine Le Pen témoigne, en tous cas, d’une extrême polarisation dans les débats qui agitent actuellement nos sociétés démocratiques.