Risque d'infection pneumococcique chez les soudeurs et les travailleurs exposés aux fumées de soudage
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- Introduction. Les infections pneumococciques invasives (IPD) représentent un important problème de santé publique en raison de leur morbidité et de leur mortalité élevées. Depuis plusieurs années, de nombreuses études internationales ont démontré que les soudeurs et les travailleurs exposés aux fumées métalliques présentent un risque significativement accru d'IPD. Sur cette base, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) belge a publié en décembre 2025 son avis n°9842 recommandant désormais la vaccination antipneumococcique des soudeurs. La mise en œuvre de ces nouvelles recommandations en médecine du travail demeure toutefois inconnue. Objectifs. Ce travail visait d’une part à évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques des médecins du travail belges concernant les nouvelles recommandations scientifiques relaves au risque d'infection pneumococcique en général, et plus spécifiquement chez les soudeurs. Et d’autre à identifier les obstacles à l'application de ces recommandations et enfin, à proposer des pistes d'amélioration pour leur mise en œuvre. Méthodes. Une revue de la littérature a été réalisée à partir des études disponibles. Une enquête nationale transversale a ensuite été menée auprès des médecins du travail belges au moyen d'un questionnaire comportant 28 questions réparties en cinq domaines : données socio-démographiques, connaissances, attitudes, pratiques actuelles et pratiques futures. Des analyses statistiques descriptives et comparatives ont été réalisées selon l'ancienneté professionnelle (0–5 ans versus > 5 ans), la langue (français versus néerlandais) ainsi que d'autres caractéristiques des répondants. Résultats. Les médecins du travail reconnaissent largement l'importance d'améliorer la couverture vaccinale antipneumococcique des groupes vulnérables et la considèrent comme une priorité de santé publique en Belgique. Seuls 27,4% des répondants ont obtenus un score de niveau de connaissances suffisant. Plusieurs lacunes ont été identifiées concernant les connaissances scientifiques et les recommandations récentes, notamment la reconnaissance des soudeurs comme groupe à risque, les nouvelles recommandations vaccinales du CSS et les modalités actuelles de vaccination. Ces insuffisances se traduisent par une faible intégration du risque pneumococcique dans l'évaluation des risques professionnels, une information limitée des travailleurs et une proposition encore peu systématique de la vaccination. Les analyses comparatives mettent en évidence un meilleur niveau global de connaissances chez les médecins néerlandophones de notre étude (test du Chi-carré ; χ2=9,94, p = 0,007) , tandis que les attitudes apparaissent comparables entre les différents sous groupes étudiés. Les principaux obstacles rapportés concernent le manque d'information, l'absence de procédures opérationnelles, les questions de remboursement et les contraintes organisationnelles. Conclusion. Les résultats de notre enquête montrent que la reconnaissance institutionnelle d'un risque ne garantit pas son intégration immédiate dans la pratique professionnelle. Malgré la solidité des preuves scientifiques actuellement disponibles, l'appropriation de ces nouvelles recommandations par les médecins du travail belges interrogés demeure incomplète. Les SEPP doivent développer des mécanismes plus efficaces de veille scientifique, d'actualisation des profils de risque et de transfert des connaissances afin de garantir que les nouvelles données probantes puissent être rapidement traduites en actions préventives concrètes.