Le rapport axiologique instrumental à la nature dans certaines philosophies moderne-occidentales.

(2026)

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Ce mémoire examine les valeurs instrumentales attribuées à la nature dans certaines philosophies occidentale-modernes et analyse sous l’angle de plusieurs auteurs de l’écologie, en particulier de l’Éthique de la terre de J. Baird Callicott les alternatives susceptibles de répondre à la crise écologique contemporaine. Il montre que ces conceptions dominantes issues de la tradition judéo-chrétienne, du dualisme cartésien et du capitalisme productiviste ont contribué à instaurer un rapport anthropocentré et instrumental à la nature. Dans ce rapport, la nature est envisagée principalement comme un ensemble de ressource au service des besoins humains. Ce cadre axiologique a favorisé le développement scientifique et économique, mais il a également participé à la dégradation des écosystèmes en légitimant leur exploitation intensive. Face à ces limites, ce mémoire explore les approches alternatives, notamment l’écocentrisme et le tournant ontologique de l’Anthropocène qui proposent d’élargir les considérations morales à la communauté biotique, de reconnaître la valeur intrinsèque des systèmes écologiques et de repenser les relations entre humains et non-humains. Les apports de l’éthique écocentrée, en particulier dans Ethique de la terre et des ontologies relationnelles permettent ainsi d’élargir la communauté morale aux vivants et de concevoir la Terre comme un système d’interdépendances. Les récits contemporains, tels que ceux de Gaïa ou de la sympoïèse participent à cette transformation en renouvelant les représentations du monde et en favorisant une vision relationnelle du vivant. Il montre que ces transformations théoriques peuvent se traduire en pratiques concrètes à travers la reconnaissance des limites écologiques, la sobriété, les pratiques relationnelles et les formes d’habiter terrestre. Il souligne ainsi que la transformation écologique ne relève pas uniquement de solutions techniques mais implique une transformation plus profonde de valeurs, des imaginaires et de mode de vie. La crise écologique contemporaine peut être comprise comme une crise du rapport axiologique à la nature.