Impact du self-tracking sur l'engagement sportif et l'estime de soi: le rôle modérateur du self-control.
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- L’usage du self-tracking dans le domaine sportif (applications et dispositifs connectés permettant de quantifier des données telles que la distance, le temps d’entraînement ou la fréquence cardiaque) s’est fortement développé ces dernières années. Si ces outils sont souvent présentés comme des supports à la motivation et à l’autorégulation, la littérature souligne aussi des effets ambivalents, notamment lorsque la quantification est vécue comme une source de pression ou de comparaison sociale (Demoulin & Stinglhamber, 2024 ; Eikey et al., 2017). Ce mémoire examine les associations entre le self-tracking et deux variables psychologiques centrales dans le champ sportif : l’engagement dans l’activité (appréhendé via la désillusion sportive) et l’estime de soi, ainsi que le rôle du self-control dans ces relations. Une étude quantitative transversale a été menée au moyen d’un questionnaire en ligne auprès de 149 adultes pratiquant une activité sportive au moins une fois par semaine et utilisant des outils de self-tracking. Le self-tracking a été appréhendé principalement via l’attitude envers la quantification (ATQ), la fréquence d’usage (QD) ayant été recueillie à titre complémentaire. La désillusion sportive a été mesurée à l’aide d’une échelle adaptée au contexte sportif (Demoulin & Stinglhamber, 2024), l’estime de soi via l’échelle de Rosenberg (1965), et le self-control via la Brief Self-Control Scale (Tangney et al., 2004). Les analyses n’ont pas mis en évidence d’associations significatives entre ATQ et la désillusion sportive, ni entre ATQ et l’estime de soi, et n’ont pas mis en évidence d’effet modérateur du self-control. En revanche, le self-control est associé à une désillusion plus faible et à une estime de soi plus élevée. Ces résultats suggèrent que les effets psychologiques du self-tracking pourraient dépendre moins d’une attitude générale envers la quantification que de l’usage effectif, des objectifs poursuivis et du vécu subjectif des feedbacks. Des recherches futures gagneraient à articuler attitude, usage réel et expérience du feedback, ainsi qu’à mobiliser des mesures plus multidimensionnelles de l’engagement et des facettes spécifiques de l’estime de soi.