Comment les enfants tout-venants francophones de 3 à 6 ans mobilisent-ils les composantes micro- et macrostructurelles dans la production d’un récit oral à partir d’un support imagé ?
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- Ce mémoire s’intéresse à la manière dont les enfants francophones tout-venants âgés de 3 à 6 ans mobilisent les composantes microstructurelles et macrostructurelles dans la production d’un récit oral à partir d’un support imagé. Plus précisément, deux questions sont explorées : les liens existants entre microstructure et macrostructure ainsi que l’évocation spontanée des émotions des personnages dans les récits produits. L’échantillon se compose de 26 enfants âgés de 3 à 6 ans ayant produit un récit à partir d’une épreuve narrative. Deux hypothèses sont formulées : une microstructure plus élaborée s’accompagne d’une macrostructure plus complète, en particulier via la diversité lexicale, et les émotions des personnages sont rarement évoquées spontanément en l’absence d’étayage. Sur le plan microstructurel, les résultats montrent que la complexité morphosyntaxique est variable, avec une utilisation limitée des connecteurs et des phrases complexes. Concernant la macrostructure, les enfants emploient plus fréquemment l’événement déclencheur et la tentative de résolution que le cadre ou les objectifs des personnages. Une corrélation significative est observée entre le stade morphosyntaxique et le nombre d’éléments du schéma narratif présents dans le récit. En revanche, peu d’enfants évoquent spontanément une émotion dans leurs productions. Ces résultats confirment l’interdépendance entre certaines variables micro- et macrostructurelles dans la narration orale à l’âge préscolaire, ainsi que l’expression encore peu mobilisée spontanément des émotions. L’étude souligne la pertinence d’une analyse narrative multidimensionnelle pour mieux comprendre le développement langagier typique à l’âge préscolaire. Compte tenu de la taille réduite de l’échantillon et des limites méthodologiques, cette étude doit être considérée comme exploratoire.