Ce que la spatialisation des personnes de la rue révèle de la ville post-industrielle en renouvellement urbain : étude de cas élargie à partir de la ville de Charleroi
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- Les villes post-industrielles connaissent actuellement des transformations profondes. Le présent mémoire entend interroger ces politiques de renouvellement urbain au travers du prisme des crises contemporaines du logement, visibles dans l’espace public par la présence de personnes vivant en rue. Ce travail de recherche démarre de l’hypothèse originale selon laquelle la spatialisation de ces personnes est une clé d’interprétation de la ville post-industrielle et de ses transformations. La méthode de l’étude de cas élargie a mené à sélectionner le cas de la ville de Charleroi en vue de déployer des méthodes ethnographiques d’observation et de cartographie pour relever la spatialisation des personnes vivant en rue. Celle-ci est appréhendée au travers des concepts d’espaces en marge et centraux, les premiers renvoyant à une forte valeur d’usage, économique et symbolique, à l’inverse des seconds. Il apparait que les espaces centraux, peu hospitaliers, font l’objet d’une régulation forte à l’égard des usages non-prévus des personnes de la rue, évincés en répondant à des logiques néolibérales. À la mesure de l’éloignement du centre-ville, les espaces en marge habités par les personnes de la rue entretiennent un lien étroit avec les deux révolutions industrielles qui se sont succédées dans la ville. Ce résultat amène à interroger les politiques de réappropriation des anciens espaces industriels dans le cadre des requalifications urbaines.