L'influence de messages complotistes et anti-complotistes et des traits de personnalité sur le Protective Conspiracy Framing
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- Les théories du complot répondent à des besoins épistémiques, existentiels et sociaux (Douglas et al., 2019). Cependant, la vigilance face à la désinformation peut elle-même devenir un biais : Vermeulen (2025) parle à ce sujet de Protective Conspiracy Framing (PCF), c’est-à-dire la tendance à rejeter à tort une information plausible ou vraie en la qualifiant de théorie du complot. Ce mémoire articule le PCF à la théorie de la détection du signal (SDT), en distinguant le discernement (d’) du biais de réponse (C). Cette étude visait à déterminer si des messages pro-complotistes, anti-complotistes ou neutres influencent le discernement et le PCF. Elle a également examiné dans quelle mesure ces effets sont modulés par des traits de personnalité, le RWA, le NFCS, le CRT et le complotisme. L’étude a été réalisée en ligne et a impliqué 155 participants francophones majeurs répartis aléatoirement entre trois conditions. En outre, l’étude comprenait des questionnaires dispositionnels (BFI-10, RWA, NFCS, culture générale, complotisme), un exercice de discernement et l’échelle de PCF. Les résultats n’indiquent aucun effet de la condition expérimentale sur le discernement ni sur le PCF. Ceci suggère qu’une exposition brève a moins d’impact que les dispositions stables des individus. Le d’ était positivement prédit par le raisonnement analytique et la culture générale. Quant au biais C, une double dissociation a été mise en évidence. En effet, le RWA prédit le scepticisme, tandis que le complotisme trait prédit la crédulité. Ceci illustre donc le paradoxe de la vigilance spécifique au PCF. Le RWA prédit également la perception du risque de dissidence et l’ouverture à cette dernière. Tandis que l’ouverture à l'expérience et le niveau d’études semblent être associés à un discernement plus fin. Ces résultats appuient donc la validation psychométrique du PCF. Ils invitent également à répliquer le protocole sur des échantillons plus larges et plus hétérogènes. Par ailleurs, des études longitudinales pourraient mesurer la durabilité des effets de cadrage et le rôle médiateur de l’intolérance à l'ambiguïté.