Propagation des chocs de taux souverains dans la zone euro depuis 2022 : Approche par la structure du terme à 10 ans et les interdépendances financières (PCA - GVAR - GIRFs)

(2026)

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Ce mémoire analyse la manière dont les chocs de taux souverains se propagent entre plusieurs marchés de la zone euro depuis le tournant monétaire de 2022. L'enjeu est de comprendre si la hausse rapide des taux de la Banque centrale européenne et l'annonce du Transmission Protection Instrument (TPI) ont coïncidé avec une dynamique de fragmentation comparable à celle de la crise des dettes souveraines, ou avec une forme différente d'interdépendance. L'étude utilise des données mensuelles de juillet 2006 à décembre 2025, soit 234 observations par pays. Tout d’abord, l'Allemagne sert de référence, et les spreads sont calculés pour la Belgique, la France, les Pays-Bas, l'Espagne, le Portugal, l'Italie et la Grèce par rapport au Bund allemand à 10 ans. Cette transformation permet de séparer, autant que possible, le mouvement général des taux d'intérêt de la divergence propre aux marchés souverains. Ensuite, les statistiques descriptives montrent d’emblée que les spreads souverains sont très inégaux selon les pays. Les marchés du cœur conservent des écarts relativement faibles vis-à-vis du Bund, avec une moyenne de 22,5 points de base pour les Pays-Bas, 43,5 pour la France et 55,8 pour la Belgique. À l’inverse, les pays périphériques présentent des niveaux nettement plus élevés : 126,8 points de base pour l’Espagne, 162,6 pour l’Italie, 217,7 pour le Portugal et 518,6 pour la Grèce. Les valeurs maximales soulignent encore davantage cette asymétrie, surtout pour la Grèce, dont le spread atteint 3 313,4 points de base, ainsi que pour l’Espagne et l’Italie, avec respectivement 552,3 et 527,9 points de base. Ces écarts confirment que l’échantillon ne décrit pas une zone euro homogène, mais plutôt des trajectoires souveraines durablement différenciées. Enfin, la PCA montre qu’il existe un facteur commun important entre les pays : selon les sous périodes, la première composante (PC1) explique entre 75,4 % et 96,7 % de la variance. Les GIRFs ne sont analysées que lorsque le modèle est suffisamment stable. Comme le modèle COVID/PEPP à sept pays ne l’est pas, cette période est bien décrite dans les faits stylisés ; les GIRFs sont présentées dans une version de robustesse sans la Grèce. Dans l’ensemble, les résultats confirment que la crise ESD reste l’épisode de fragmentation le plus marqué. À l’inverse, la période post-TPI montre des liens encore présents entre marchés souverains, avec des effets moins durables après un choc italien de 200 points de base.