Standardisation et nivellement du français parlé. Étude de cas au travers des générations successives de familles belges francophones

(2026)

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Ce mémoire aborde la standardisation et le nivellement en français parlé en Belgique francophone, à travers une étude de cas sur trois générations successives de locutrices. Ces deux phénomènes sont étroitement liés aux rapports hiérarchiques existant entre les nombreuses variétés de français ; en Belgique francophone, le rapport qu’entretiennent les locuteurs belges avec leurs propres variétés du français et les variétés associées à la France ont fait l’objet d’une série d’études dans les années 1990. Ces études (Francard, 1993 ; Garsou, 1991 ; Lafontaine, 1991 ; Moreau, 1999) ont mis au jour des attitudes à la fois valorisantes et dépréciatives vis-à-vis de leurs propres variétés du français et du « parler français » ou de « l’accent parisien » (Lafontaine, 1991). Face à ce constat, des études ont vu le jour (Hambye, 2005 ; 2008) afin de comprendre si l’évolution des variétés de français parlées par les locuteurs belges présente une convergence vers les variétés de français parlées en France. Ce phénomène est appelé standardisation. Une valorisation des variétés régionales pourrait conduire à une évolution convergeant vers celles-ci, et à l’observation d’un phénomène appelé nivellement (Hambye, 2008). Ce mémoire entend poursuivre dans cette même perspective en examinant les questionnements suivants : quelle est la situation actuelle concernant la standardisation et le nivellement en Belgique francophone ? À quoi ressemblent les représentations et pratiques linguistiques des locuteurs belges francophones ? Pour répondre à ce questionnement, nous avons interrogé 15 locutrices issues de 5 familles originaires de la région liégeoise, qui ont participé à une activité ludique enregistrée et à un entretien semi-directif individuel. Ce dernier nous permettant d’accéder aux attitudes linguistiques, nous étudions également les pratiques à travers la comparaison de deux traits de prononciation associés aux variétés de français parlées en France. D’une part, nous analysons ainsi l’affrication et les réalisations non standards du phonème /r/, et d’autre part, deux traits de prononciation associés aux variétés régionales de Belgique : l’assourdissement des consonnes finales et le maintien de certaines oppositions vocaliques. Au terme de notre analyse, nous constatons, chez nos locutrices, des tendances se rapportant à de la standardisation et du nivellement.