Passage en formation d’adultes, recomposition du capital social et mobilité professionnelle : quelles articulations ? Le cas du passage à la FOPA
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- Ce travail de recherche, inscrit dans le domaine sociologique, porte sur le capital social et la mobilité professionnelle. La question centrale est : « Comment les adultes sortis d’une formation de type long et ayant vécu une mobilité professionnelle perçoivent-ils l’influence du capital social, acquis ou remodelé durant leur cursus formatif, sur cette mobilité ? » La conduite de ce mémoire repose sur une démarche qualitative compréhensive. À ce titre et afin de répondre à la question de recherche, treize entretiens semi-directifs ont été réalisés auprès d’adultes ayant suivi le master en sciences de l’éducation à Louvain-la-Neuve. Les résultats mettent d’abord en évidence différentes formes de reconfiguration du capital social préexistant au cours de la formation longue. Selon les trajectoires, ce capital social peut s’élargir, se renforcer, se prolonger, se recomposer partiellement ou demeurer latent mais mobilisable. Toutefois, son effet sur la mobilité professionnelle n’est pas automatique. Lorsqu’il contribue à la mobilité, il est le plus souvent mobilisé de manière réactive, en facilitant l’accès à des ressources instrumentales. Les ressources expressives, quant à elles, sont plus souvent associées à une mobilisation proactive du capital social. Concernant la mobilité professionnelle, l’analyse met en évidence une pluralité de formes, allant de la mobilité horizontale à la reconversion, en passant par des trajectoires hybrides. Elle montre aussi que la perception subjective de ces mobilités est largement positive. Même lorsqu’elles ne s’accompagnent pas d’une augmentation salariale ou de bénéfices matériels concrets, elles sont majoritairement associées à un plus grand épanouissement professionnel, à un regain de sens et à une amélioration de la qualité de vie au travail. Enfin, l’analyse a permis de construire une typologie articulant l’existence ou non d’un projet de mobilité à l’entrée en formation et le caractère opérant ou non du capital social dans cette mobilité. Quatre profils types ont ainsi été distingués. Enfin, cette recherche ouvre plusieurs perspectives, parmi lesquelles l’approfondissement des mobilisations proactives du capital social à visée instrumentale, ainsi qu’une prise en compte plus fine des dynamiques biographiques, sociologiques et contextuelles à l’œuvre dans les parcours de mobilité professionnelle. Références bibliographiques significatives : Amossé (2003), Arnoux-Nicolas et al. (2016), Attias-Donfut et Wolff (2001), Bourdieu (1986, 2006), Coleman (1988), De Schepper et al. (2024), Granovetter (1973), Lahire (2001, 2005, 2012), Lin (1995, 2001), Piret et al. (1996), Putnam (2000), Roger & Ventolini (2004).