Comment des initiatives bruxelloises de revalorisation textile permettent-elles de questionner les dynamiques d’accélération sociale et de performance dans la fast fashion et l’ultra fast fashion et d’explorer des modèles alternatifs plus résonants et robustes ?
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- La fast fashion et l’ultra fast fashion constituent aujourd’hui les modèles dominants de l’industrie du textile et de l’habillement. Fondés sur des logiques d’accélération sociale et de performance, ils sont à l’origine de conséquences sociales, environnementales et économiques préoccupantes. Face à ces constats, des modèles alternatifs de mode, comme la slow fashion, ont émergé et proposent un basculement des logiques et des relations sur lesquelles reposent ces modèles dominants. Ils favorisent notamment la création de relations plus significatives entre les différentes parties prenantes et les textiles ainsi que le développement de pratiques plus durables, circulaires et coopératives. Dans ce contexte, le secteur de l’économie sociale constitue un terrain particulièrement intéressant pour observer l’émergence de ces dynamiques. Ce mémoire vise ainsi à étudier comment des associations bruxelloises de revalorisation textile questionnent ces logiques d’accélération sociale et de performance et explorent des modèles alternatifs plus résonants et robustes au regard des concepts développés par Hartmut Rosa et Olivier Hamant. Pour cela, cette recherche se fonde sur une enquête qualitative mobilisant des entretiens semi-directifs réalisés avec des femmes entrepreneuses actives dans des associations de revalorisation textile. Les résultats montrent tout d’abord que ces associations participent à la création de modèles plus robustes ancrés localement et reposant sur des missions sociales et écologiques fortes ainsi que sur des logiques de coopération, de mutualisation, d’adaptabilité, d’exploration, de diversification et de circularité des textiles. Ils mettent ensuite en évidence l’existence d’une tension structurante entre ces missions sociales et écologiques et la rentabilité économique des associations. Ils révèlent par ailleurs que ces associations constituent des espaces de critique des modèles dominants et de leurs logiques d’accélération sociale et de performance. Finalement, les résultats mettent en lumière que les textiles y deviennent des ressources au cycle de vie allongé, réappropriées par les consommateurs au travers d’un processus de ralentissement, ainsi que des supports chargés d’histoires, vecteurs d’apprentissage, d’identité, de socialisation, de circularité, de partage ou encore de proximité à la matière. Dans ce cadre, ces associations contribuent à la création de relations plus résonantes entre les différentes parties prenantes et les textiles, favorisant leur robustesse et participant à l’émergence d’une forme de robustesse résonante.