Le suivi à long terme des adolescents et jeunes adultes après un cancer : perception, vécu psychosocial et besoins en santé mentale

(2026)

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En Belgique, plus de 6 000 adolescents et jeunes adultes (AJA, 15–39 ans) sont diagnostiqués d'un cancer chaque année. Grâce aux progrès thérapeutiques, plus de 80 % survivent à la maladie. Cette réussite médicale fait émerger une réalité peu accompagnée : celle de jeunes survivants confrontés à des séquelles physiques, psychologiques et sociales durables, dans un système de soins qui n'a pas encore pleinement structuré leur suivi à long terme. Ce mémoire explore la perception du suivi post-cancer par les AJA en Belgique, en se centrant sur leur santé mentale et leur vécu psychosocial après la fin des traitements. Il s'inscrit dans une approche qualitative exploratoire. Douze entretiens semi-directifs ont été conduits entre novembre 2025 et février 2026 auprès de jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans, diagnostiqués d'un cancer entre 15 et 24 ans et ayant terminé leurs traitements actifs. Les données ont été analysées selon une méthode thématique inductive (Braun & Clarke, 2006). Cinq thèmes principaux émergent de l'analyse : la rupture vécue à la fin des traitements (« syndrome de la porte fermée ») ; la peur de la récidive, quasi universelle et pourtant jamais abordée en consultation ; les répercussions psychosociales durables (décalage avec les pairs, reconstruction identitaire, difficultés de réinsertion scolaire et professionnelle) ; les lacunes structurelles du suivi actuel (fragmentation des soins, absence de suivi psychologique proactif, manque d'information sur les effets tardifs) ; et les attentes des participants, centrées autour d'un référent post-cancer identifié, de groupes de pairs et d'un soutien psychologique intégré au parcours de soins. Ces résultats convergent avec la littérature internationale tout en les ancrant dans la réalité spécifique du système belge, encore insuffisamment étudié. En réponse, le mémoire formule cinq recommandations concrètes : intégrer des pairs aidants formalisés dans les parcours de soins, créer une consultation de transition avec référent post-cancer dédié, systématiser le suivi psychologique avec des outils d'évaluation validés, améliorer l'information sur les effets tardifs et la réinsertion, et développer les unités AJA et la recherche nationale.