Administration de l’hydroxychloroquine dans le cadre du traitement des patients hospitalisés pour COVID-19 ; analyse de l’évolution des preuves publiées, de leur qualité méthodologique et des recommandations nationales et internationales
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Taounza_Chourouk_12251700_2021-2022.pdf
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- Lors de la crise sanitaire provoquée par le SARS-CoV-2, de nombreuses pistes ont été exploitées dans le but de trouver le traitement médicamenteux adéquat. Des études cliniques ont été entamées très tôt avec pour objectif de démontrer l’efficacité de l’hydroxychloroquine (HCQ) dans le traitement de la COVID-19 chez les patients hospitalisés. Cependant, les résultats de ces études semblaient contradictoires. L’objectif de ce mémoire était dès lors d’analyser la qualité méthodologique des premières études afin de mieux comprendre l’évolution des recommandations des autorités sanitaires à cette période. Il s’est avéré que les études favorables à l’utilisation de l’HCQ comportaient des biais importants tels que l’absence de randomisation, la pauvreté de la taille d’échantillon ou encore la faiblesse du critère d’évaluation primaire. Les essais RECOVERY et Solidarity, de meilleure qualité, se prononçaient contre son utilisation. Celles-ci évaluaient la mortalité qui constitue un critère fort et étaient menées à grande échelle. Elles se distinguaient également par leur analyse en ITT et leur design adaptatif qui leur permettait, après analyse intermédiaire, d’arrêter le bras d’HCQ dans leurs études. Au niveau belge comme international, les recommandations publiées par Sciensano et l’OMS se basaient sur les données disponibles et ont décidé d’arrêter l’utilisation de la molécule une fois que son inefficacité a clairement été démontrée par les grands essais. Concernant le rôle du pharmacien dans une telle crise, il est différent selon le terrain d’activité : à l’hôpital, les pharmaciens ont plutôt joué un rôle dans la prévention et la surveillance des interactions médicamenteuses potentielles entre la molécule testée et les médicaments chroniques tandis qu’en officine, le pharmacien a pu surtout informer les patients et les diriger vers les sources fiables de sorte à minimiser la propagation de la désinformation.