Impact de l’aménagement du paysage en culture de céréales d’hiver sur les populations de carabes et de pucerons
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- En Belgique, près de 44 % du territoire est dédié à l’agriculture. Depuis les années 1950, l’intensification agricole s’est accélérée, entraînant une simplification du paysage et une utilisation croissante d’intrants chimiques. Parmi les principales causes de l’usage d’insecticides figurent les pucerons, vecteurs de maladies affectant notamment les cultures céréalières et pouvant occasionner des pertes économiques considérables. Cette approche intensive entraîne toutefois des conséquences majeures sur la biodiversité et compromet les services écosystémiques associés. Dans ce contexte, les carabes (Carabidae) représentent une piste prometteuse pour réduire la dépendance aux pesticides, grâce à leur rôle potentiel de prédateurs naturels, notamment des pucerons. Cette étude, réalisée en collaboration avec Biodiversa+ et le projet ConservES, vise à réintroduire de la complexité structurelle en milieu agricole par l’aménagement de haies, de bandes fleuries et de combinaisons haie–bande fleurie en bordure de champ. Ces aménagements ont pour objectif de favoriser les populations de prédateurs tout en limitant celles des ravageurs. Afin d’étudier l’impact de ces bordures sur la richesse spécifique, l’abondance et la différence de composition (dissimilarité) des espèces de carabes ainsi que l’abondance des pucerons, des échantillonnages ont été réalisés au début (avril) et à la fin (juin) du printemps 2024. Les résultats montrent une différenciation spécifique entre les communautés observées dans les haies et celles des bandes fleuries, sans toutefois révéler de différences significatives en termes de richesse spécifique ou d’abondance par rapport aux témoins. La combinaison haie–bande fleurie ne présente pas d’avantages notables sur ces critères. Certaines espèces apparaissent plus spécifiques aux bordures, d’autres au champ, suggérant une réaction ou une utilisation différente de la bordure. Concernant les pucerons, le faible nombre d’observations ne permet pas de conclure quant à l’efficacité des carabes ou des aménagements testés sur leur régulation. Enfin, l’hétérogénéité entre les champs et les facteurs environnementaux locaux introduisent une forte variabilité dans les résultats observés.