Réflexion sur la convivialité chez Ivan Illich à l’ère de la prépondérance du capitalisme néolibéral

(2025)

Files

Belinguine_2384-22-00_2025.pdf
  • Closed access
  • Adobe PDF
  • 776.22 KB

Belinguine_2384-22-00_2025_Annexe1.pdf
  • Closed access
  • Adobe PDF
  • 89.67 KB

Belinguine_2384-22-00_2025_Annexe2.pdf
  • Closed access
  • Adobe PDF
  • 132.47 KB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Ce mémoire, intitulé Réflexion sur la convivialité à l’ère de la prépondérance du capitalisme néolibéral, explore la fécondité critique du concept de convivialité élaboré par Ivan Illich face aux dérives de la société industrielle et à la logique expansionniste du néolibéralisme. L’étude part du constat que le capitalisme contemporain, fondé sur la propriété privée, la recherche illimitée du profit et la dérégulation des échanges, étend la marchandisation à toutes les sphères de la vie, tout en aggravant les crises écologiques, sociales et existentielles. Il pose ainsi le problème de l’actualité du concept de convivialité d’Ivan Illich. Dans ce contexte, la convivialité, telle qu’Illich la définit comme une organisation sociale où l’outil est au service de l’autonomie des individus et des communautés, se présente comme une alternative normative majeure. L’auteur retrace l’itinéraire intellectuel d’Illich et analyse ses critiques des institutions industrielles : l’école, qui entretient la dépendance et reproduit les inégalités ; le système énergétique et de transport, qui, au-delà d’un seuil, aliène et creuse les écarts sociaux ; et la médecine industrielle, qui engendre une iatrogénèse physique, sociale et culturelle. Dans chacun de ces domaines, Illich met en évidence un phénomène de contre-productivité : les institutions finissent par nuire aux objectifs qu’elles prétendent servir. Le concept central de convivialité s’appuie sur des notions clés : distinction entre outils conviviaux et hétéronomes, autonomie véritable (opposée à l’individualisme), reconnaissance de limites et échelle humaine. Il ne s’agit ni de technophobie, ni d’adhésion au solutionnisme technologique, mais d’une philosophie de la mesure qui subordonne la technique, la science et les institutions à des finalités humaines, éthiques et politiques égalitaires. Le mémoire confronte la pensée d’Illich à celle d’auteurs contemporains (Olivier Rey, André Gorz, Jean-Pierre Dupuy, entre autres), afin de dégager filiations et divergences dans la critique de la modernité technicienne et de proposer des voies d’actualisation. Enfin, il évalue la pertinence du concept de convivialité comme principe de résistance au capitalisme néolibéral, en l’articulant aux enjeux actuels de décroissance, de sobriété énergétique et d’autonomie collective. La conclusion défend l’idée que, loin d’être une utopie passéiste, la convivialité constitue une boussole éthique et politique pour bâtir des sociétés plus solidaires, soutenables et humaines.