Conservation de la nature et défi de la subsistance : conflit d'usage autour de la Réserve de Biosphère de Yangambi en République Démocratique du Congo
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Joseph Nyongoyafela Badjoko_54692200_2025-2026.pdf
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- Cette étude démontre que Yangambi, en République Démocratique du Congo, est un carrefour critique entre la conservation des ressources naturelles et l’extractivisme, un paradoxe accentué par les besoins liés à la protection de la nature et les impératifs du développement économique. L’Etat congolais tente d’imposer un régime de « propriété publique » sur une ressource que les autochtones gèrent historiquement comme un « commun ». Ce conflit n’est pas un simple dysfonctionnement technique. C’est le symptôme de rupture d’un contrat social qui repose sur plusieurs facteurs : l’ambiguïté de zonage de la Réserve de Biosphère de Yangambi, la faiblesse juridique et la faillite de la gouvernance de l’Etat congolais et l’insuccès des projets de développement exogène pour lutter contre la pauvreté. Face à ces défis, les riverains de Yangambi développent des stratégies de résilience en continuum, allant de la résilience passive à des résistances pour défendre les droits à l’autochtonie, à la survie et à la justice sociale et environnementale. Or, loin d’être des solutions durables, les répercussions systémiques de ces mécanismes d’adaptation sont préoccupantes : la perte de l’identité culturelle, l’insécurité alimentaire, la déstructuration du tissu social, la déforestation et la perte de la biodiversité. La guérison de ces blessures exige la refondation du contrat social et environnemental : faire de Yangambi un laboratoire mondial où la protection des espèces ne se fait plus contre l’homme, mais par, avec et pour l’homme. C’est dans cette condition qu’il est essentiel d’envisager des liens inséparables entre la conservation de la nature et le développement durable, l’écologie et la lutte des classes pour la justice sociale et environnementale. Cela nécessite la capacité de tous les acteurs à transformer l’arène de confrontation en un espace de cohabitation pacifique, où l’écologie politique réconcilie la dignité humaine et l’intégrité de la nature et où l’écologie intégrale fonde l’éthique de la durabilité. Somme toute, il s’agit d’opérer, comme possibles désirables, des réformes qui commandent les passages de l’écologie politique « par le haut » à l’écologie politique « par le bas », du modèle de développement « exogène » au modèle de développement « endogène » durable, de l’écologie de « surface » à l’écologie « profonde », du modèle de la gestion « exclusive » au modèle de la « co-gestion » ou de l’inclusion participative.