Exploring mechanical properties changes upon immunosuppressive treatment on CD4+ T-cell

(2026)

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La transplantation d’organes solides repose sur l’utilisation d’immunosuppresseurs afin de prévenir le rejet allogénique, principalement médié par les lymphocytes T. Si les effets moléculaires, transcriptionnels et métaboliques de ces traitements sur l’activation et la prolifération des cellules T sont aujourd’hui bien caractérisés, leur impact sur les propriétés mécaniques de ces cellules reste largement inexploré. Or, la mécanique cellulaire joue un rôle central dans des processus clés de la réponse immune, tels que la migration, la formation de la synapse immunologique. Ce mémoire de Master s’inscrit dans le champ émergent de la mécano-immunologie et vise à étudier l’effet de traitements immunosuppresseurs cliniquement utilisés sur les propriétés mécaniques des lymphocytes T CD4⁺ humains. Plus précisément, nous avons analysé l’impact sur la rigidité cellulaire, de la prednisolone, un glucocorticoïde largement prescrit, et de l’acide mycophénolique (MPA), un antimétabolite inhibiteur de l'inosine mono-phosphate déshydrogénase (IMPD), enzyme impliquée dans la synthèse de novo des nucléotides guanidiques (purines) Après l’isolement de lymphocytes T CD4⁺ primaires issus de donneurs sains, les cellules ont été exposées aux immunosuppresseurs à des concentrations cliniquement pertinentes, selon des temps d’incubation courts (2 h) et prolongés (12 h). Les propriétés mécaniques ont été quantifiées par microscopie à force atomique (AFM) en utilisant la spectroscopie de force, nous avons pu mesurer le module de Young comme indicateur de la rigidité cellulaire. Nos résultats montrent que la prednisolone induit une augmentation significative de la rigidité des lymphocytes T CD4⁺, particulièrement après 12 h d’exposition, bien que des effets soient également observés avec des temps d'incubation courts chez certains donneurs. À l’inverse, le traitement par MPA n’entraîne pas de modification mécanique significative, ni à court ni à long terme. Ces observations suggèrent que certains immunosuppresseurs, en particulier les glucocorticoïdes, peuvent moduler les propriétés mécaniques des cellules T en plus de leurs effets antiprolifératifs classiques. Ce travail met en évidence la mécanique cellulaire comme une dimension fonctionnelle jusqu’ici négligée de l’action des immunosuppresseurs. Il ouvre de nouvelles perspectives quant au rôle des altérations mécaniques des lymphocytes T dans la régulation de leur fonction immunitaire et dans l’optimisation des stratégies thérapeutiques en transplantation.