De simple réceptacles à acteurs stratèges : comment les réseaux inter-organisationnels influencent les comportements innovants des agents de la fonction publique. Etude d’une communauté occupationnelle de la fonction publique fédérale belge

(2026)

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La vague du New Public Management a appelé les administrations à placer l’innovation organisationnelle et de processus au centre de leurs préoccupations (Bekkers & Tummers, 2018; Hartley, 2005). Pour faire face à cette impératif, les organisations publiques doivent surmonter le cloisonnement organisationnel qui caractérisent certaines (Schoenaers, 2021). Dès lors, se pose la question de la capacité des agents à jouer un rôle moteur dans l’avènement de ces innovations. Pour ce faire, nous articulons deux champs théoriques. Dans un premier temps celui du capital social (Bourdieu, 1985) articulé selon le modèle AMO de Adler et Kwon (2002). Cette théorie est divisée le long de deux configurations des réseaux : le réseau de pontage (Burt, 2004) et le réseau de cohésion (Ceci et al., 2019). Dans un deuxième temps, nous mobilisons le champ théorique de l’innovative work behaviour (IWB) opérationnalisé en plusieurs en 4 dimensions par De Jong & Den Hartog (2010). L’objet choisi est un réseau d’attachés au sein de l’ordre judiciaire. Le choix de ce terrain d’étude se justifie par son caractère de l’objet le moins favorable selon Flyvbjerg (2006). En effet, l’ordre judiciaire se distingue par son caractère isolé du reste des administration publiques dans l’implémentation des grands changements du New Public Management (Schoenaers, 2021). L’approche adoptée est qualitative, ce qui s’est traduit par des entretiens-directifs. Les données récoltées ont ensuite été analysées à l’aide de la méthode thématique. L’analyse thématique séquenciée (Paillé & Mucchielli, 2016) a été mobilisée, afin de laisser une place à l’induction dans la récolte de données. Nous avons fait le constat que le réseau externe était caractérisé par des attributs de pontage mais également de cohésion. Nous suggérons que la distinction entre cohésion et pontage pourrait davantage se situer le long d’une frontière de formalité plutôt qu’une frontière organisationnelle. Nos résultats ont pu également démontrer l’impact positif exercé sur l’exploration par la communauté occupationnelle par l’intermédiaire d’une diversité de pratiques organisationnelles représentées au sein du réseau davantage que sur la seule diversité d’information. Ce mémoire a également permis de dessiner une dynamique de substitution dans les ressources apportées par les réseaux. A plusieurs égards, des ressources sociales permettant le développement d’idées sont puisées au sein du réseau externe uniquement lorsqu’ils font défaut au sein du réseau interne. Toutefois, la réintégration des nouvelles idées avec les connaissances existantes de l’organisation semble être un passage indispensable à l’émerge d’une innovation et s’appuie sur le réseau interne exclusivement. Par ailleurs, la méthode de promotion par défaut réside dans l’alignement permanent avec les besoins de l’organisation par l’intermédiaire d’un contact continu et transversal avec la hiérarchie tout au long du processus d’innovation. Les ressources du réseau externe ne sont utilisées lorsque la hiérarchie ne se montre pas disponible ou étudiée et visent à surmonter ces obstacles. Enfin, l’implémentation semble bénéficier davantage d’une communication accrue autour des objectifs du projet à implémenter plutôt que le partage généralisé d’un objectif commun de l’organisation davantage que le contrôle organisationnel exercé par la hiérarchie.