Comment les touristes perçoivent-ils les contenus diffusés sur les réseaux sociaux dans le cadre de la lutte contre le surtourisme, et comment cela influence-t-il leur comportement lors de la planification de leur voyage ?

(2026)

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Le surtourisme s'impose aujourd'hui comme une problématique majeure du secteur touristique, alimentée par une croissance continue qui dépasse désormais le 1,5 milliard de touristes par an. Les manifestations qui ont éclaté à Barcelone, Venise et Majorque en juin 2025 illustrent l'ampleur des tensions qu'il génère. Pour répondre à ce phénomène, certaines destinations ont mobilisé les réseaux sociaux pour sensibiliser les touristes, à l'image des campagnes « Enjoy & Respect » et « Stay Away » lancées à Amsterdam. Ces plateformes ont une double casquette : elles participent activement à l'aggravation du surtourisme, mais sont aussi utilisées aujourd'hui pour tenter de l'atténuer. Toutefois, leurs résultats restent mitigés. Si la littérature documente largement l'influence des réseaux sociaux sur les choix de voyage, elle s'est jusqu'ici peu intéressée à la façon dont les touristes perçoivent et réagissent à ces contenus de sensibilisation. C'est précisément ce que ce mémoire explore, à travers la question de recherche suivante : « Comment les touristes perçoivent-ils les contenus diffusés sur les réseaux sociaux dans le cadre de la lutte contre le surtourisme, et comment cela influence-t-il leur comportement lors de la planification de leur voyage ? » Pour y répondre, quinze entretiens ont été menés auprès de touristes belges, avec la projection de trois contenus différents (une campagne institutionnelle, une vidéo d'influenceur et une couverture des manifestations à Barcelone). Les résultats montrent que les réseaux sociaux ont bien un effet sur les touristes, mais que cet effet reste conditionnel. Reconnaître l'utilité d'un message ne signifie pas le consommer, et le visionner ne se traduit pas automatiquement par un changement de comportement. Lorsque l'effet existe, il prend d'abord la forme d'une vigilance accrue, qui peut déboucher sur trois formes d'adaptation du voyage : la période, la destination ou une démarche plus éthique. Cependant, plusieurs freins viennent limiter ce passage à l'action, comme le caractère iconique d'une destination ou les contraintes de temps, de budget et professionnelles. Cette recherche montre aussi que l'opinion personnelle du touriste sur l'émetteur pèse davantage que sa crédibilité formelle, et fait émerger une nouvelle figure jugée plus crédible que les influenceurs et les institutions : les résidents locaux eux-mêmes.