Construire l'altérité criminalisée : analyse du traitement médiatique des fusillades liées au narcotrafic bruxellois dans la presse écrite belge francophone

(2026)

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Les fusillades liées au narcotrafic bruxellois ont donné lieu, en 2024 et 2025, à une couverture médiatique intense. Ce mémoire examine la manière dont la presse écrite belge francophone y construit la figure de l'altérité criminalisée. L'analyse porte sur quatre-vingt-cinq articles du Soir, de La Libre Belgique et de La Dernière Heure, parus au cours de deux séquences de six semaines, et repose sur une analyse thématique de contenu. Il en ressort que les journalistes ethnicisent rarement les suspects en leur nom propre. Les catégories renvoyant au statut migratoire ou à l'origine nationale sont produites par les définisseurs primaires (parquet, police, responsables politiques) puis rapportées. Le territoire prend ensuite le relais : nommer un quartier permet de désigner des habitants sans les nommer. Cette construction ne tient pas à une ligne éditoriale, mais aux conditions de production : le choix des sources, la hiérarchie de la page, le genre de l'article, la reprise ou non d'une dépêche d'agence. L'altérité criminalisée ne produit donc pas des individus discrédités, mais des individus discréditables. Elle ne vise personne en particulier, et peut donc viser n'importe qui.