Quels sont les effets de la communication non-verbale sur les comportements de jeu chez les enfants humains et les chimpanzés juvéniles, et existe-t-il des variations intra- et inter- espèces dans ces influences ?
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- Ce mémoire traite de l’impact de la communication non-verbale (gestes ou expressions faciales) sur les comportements de jeux (sociaux et solitaires) chez les enfants humains et les chimpanzés juvéniles. Tout d’abord, cette étude prend place dans une approche comparative entre deux espèces de primates partageant environ 99% de leur bagage phylogénétique (Henry, 2019). Cette promiscuité génétique entre l’Homo sapiens et le Pan troglodytes nous amène à poser la question centrale de ce travail : « quels sont les effets de la communication non-verbale sur les comportements de jeu chez les enfants humains et les chimpanzés juvéniles, et existe-t-il des variations intra- et inter- espèces dans ces influences ? ». Nous émettons l‘hypothèse que la communication non-verbale joue un rôle important dans les comportements de jeux. Au regard de cette hypothèse, nous émettons trois prédictions, respectivement axées sur l’espèce, le sexe et l’âge : (1) lors de situations ludiques les chimpanzés juvéniles présentent une durée et une fréquence plus élevées ainsi qu’une intensité sociale plus forte que les enfants humains. De plus, les comportements de jeux comportant un geste ou une expression faciale devraient également être plus longs, fréquents et intenses (pour les jeux sociaux). (2) De plus, nous émettons comme prédiction que les comportements de jeux sociaux et solitaires seront plus fréquents et prolongés et aussi plus intenses, uniquement dans les jeux sociaux, chez les petits garçons humains ainsi que chez les mâles chimpanzés par rapport à leurs homologues féminins. Cette tendance devrait être renforcée dans les jeux incluant des signaux non-verbaux (gestes et expressions faciales). (3) Pour finir, la dernière prédiction porte sur une éventuelle augmentation de la fréquence, de la durée et de l’intensité sociale des comportements de jeux avec l’âge. Les jeux utilisant des signaux gestuels et faciaux devraient également augmenter avec l’âge. Les résultats s’avèrent nuancés au regard de nos prédictions, mais mettent en évidence trois effets principaux. Premièrement, un effet de l’espèce : les humains présentent une fréquence plus élevée de jeux solitaires et de communication non-verbale dans ce contexte, tandis que les chimpanzés juvéniles se distinguent par une durée, une fréquence et une intensité supérieures des jeux sociaux, ainsi qu’une fréquence plus importante de signaux non-verbaux dans ces derniers. Deuxièmement, un effet du sexe : chez les humains, les garçons utilisent plus fréquemment des signaux non-verbaux dans les jeux solitaires, et, dans les deux espèces, les individus mâles produisent plus souvent gestes ou expressions faciales lors des jeux sociaux. Troisièmement, un effet du groupe d’âge : chez les humains, les jeux solitaires comportent plus souvent de la communication non-verbale, tandis que chez les chimpanzés juvéniles, les jeux sociaux s’accompagnent plus fréquemment de gestes ou d’expressions faciales. Les résultats de cette étude mettent donc en évidence un impact de la communication non-verbale sur les jeux. Cette influence, en particulier sur leur fréquence, varie entre les enfants humains et les chimpanzés juvéniles, avec des différences liées à l’espèce, au sexe et au groupe d’âge, révélant ainsi des spécificités intra- et inter- espèces.