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CrucifixAuriane_93221300_2015.pdf
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- Les taux de référence représentent l’une des pierres angulaires du système financier. C'est pourquoi, leur intégrité et leur résistance contre la manipulation sont dans l'intérêt de tous, aussi bien pour les détenteurs de prêts hypothécaires que pour les institutions financières qui utilisent souvent ces taux. Depuis des années, ces taux fixés sur les marchés interbancaires non garantis sont considérés comme une indication fiable des coûts de financement des banques et comme représentatif des instruments peu risqués étant donné la prime de risque peu élevée de celles-ci. La fiabilité de ces taux ne sera remise en cause qu’à partir de la crise financière de 2007 où trois tendances dans le système financier mondial permettent déjà de justifier un certain besoin de diversité dans l’utilisation des taux de référence : (1) Une activité du marché interbancaire non garanti en déclin, (2) une préférence pour le financement en gros sécurisé et (3) l’évolution progressive vers la collatéralisation des positions de produits dérivés OTC. Déjà ternie par la crise des subprimes, l’image des banques a, de nouveau, pris un coup de canif en 2012 avec l’éclatement sur la place publique du scandale du Libor. La confiance du public dans le système financier a une nouvelle fois été ébranlée. A la lumière de la nécessité de regagner cette confiance, et en vue de répondre à la question « Vers un nouveau Benchmark ? », nous pouvons émettre deux solutions, l’une à court terme et l’autre à long terme. La première concerne la réforme du Libor pour laquelle Wheatley a émis quelques pistes et dont certaines sont déjà adoptées (régulateur externe, nouvel administrateur, index plus faible, etc.). La seconde, à long terme, concerne le remplacement du Libor par des substituts robustes qui reflèteraient mieux la nature sécurisée d'un bon nombre de transactions financières du marché. Le taux de référence qui serait à la fois, représentatif de par la liquidité du marché auquel il se réfère, robuste de par la résistance de son marché en période de stress et fiable de par sa régulation qui empêcherait ainsi toute manipulation, pourrait permettre cette transition par rapport au Libor. Celle-ci se ferait vers le taux des « overnight indexed swaps » (OIS) qui, selon nous, est le plus approprié par rapport aux autres taux quasi sans risque. Etant donné que le marché des produits dérivés de taux d'intérêt se base sur le Libor, un degré d'organisation et de coopération entre les législateurs, les utilisateurs finaux des dérivés et le secteur financier est nécessaire. Une autorité centrale doit également mettre en place de manière progressive des modèles et règles contractuelles pour toutes les maturités et les fréquences de swap permettant la conversion des contrats des produits dérivés indexés sur le taux interbancaire vers ceux basés sur les OIS. Ce rôle pourrait d’ailleurs être donné aux banques centrales en collaboration avec le secteur privé. Quant à la durée de la mise en place d’un nouveau système tel que défini dans les pistes de réflexion, celle-ci dépendra du bon vouloir politique et de la résolution de tous les litiges en cours. Il s’agit d’un processus progressif de longue haleine où la patience reste de mise.