De quoi les enseignants du secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles parlent-ils lorsqu’ils abordent la reconnaissance sociale et pourquoi est-ce important pour eux ?

(2025)

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Cette étude qualitative tente de comprendre les perceptions des enseignants, et l’importance qu’ils accordent, non pas à leur reconnaissance professionnelle, mais à leur reconnaissance sociale. Ainsi, la question qui guide ce travail est la suivante : de quoi les enseignants du secondaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles parlent-ils lorsqu’ils abordent la reconnaissance sociale et pourquoi est-ce important pour eux ? Grâce à des entretiens semi-directifs, huit enseignants ont apporté des éléments de réponse à la question. Ceux-ci ont été sélectionnés sur une base volontaire, mais devaient répondre à un critère : être dans la tranche d’âge 25-30 ans ou 50-60 ans. Avoir un échantillon composé de ces deux profils permet de mieux analyser l’évolution du phénomène de reconnaissance sociale. Une analyse inductive a été réalisée et a fait émerger cinq thèmes principaux en lien avec les éléments du cadre théorique. Premièrement, la reconnaissance sociale, sous ses diverses formes, définitions et facteurs d’influence. Deuxièmement, l’évolution de la société, abordant les différences en termes de préoccupations, trajectoires de vie et mentalités. Troisièmement, les apparences physiques, à travers le style vestimentaire et les tatouages. Quatrièmement, les réseaux sociaux, avec leurs différents enjeux : partage de publications, moyen de communication et création de besoins et envies. Enfin, les relations interpersonnelles, à travers les liens amicaux et familiaux. D’après les enseignants interrogés, la reconnaissance sociale fait écho, entre autres, à l’image renvoyée, aux réseaux sociaux, aux relations avec son entourage, et aux catégories sociales. Les résultats mettent en évidence que le métier exercé, ici, celui d’enseignant, en contact permanent avec des jeunes, influencerait le besoin de reconnaissance sociale. Même si le désir de se conformer aux autres apparaît, certains expriment également le besoin de se sentir exister, en étant uniques et différents des autres. Par ailleurs, les résultats mettent en lumière une évolution majeure du besoin de reconnaissance, comparée à la société d’il y a trente ans. Les préoccupations ont considérablement changé et sont désormais davantage tournées vers des questions identitaires plutôt que financières. De plus, les trajectoires de vie ainsi que les mentalités ont aussi largement évolué. Plusieurs auteurs, permettent d’approfondir ces discours issus des participants, tels que Fraser (1998) ; Albarello (2017) ; Becker (2018) ; Granjon et Denouël (2010) ; Aubert et Haroche (2011), parmi d’autres. Dans une perspective de recherche future, il serait intéressant de mener une étude similaire avec un échantillon présentant des critères différents, notamment avec des personnes exerçant un métier autre que celui d’enseignant et avec moins de contacts sociaux, ou encore avec des personnes âgées d’au moins soixante ans, dans le but d’approfondir l’analyse sur l’évolution du besoin de reconnaissance.