Exploration des manifestations physiques du craving sur une population de binge drinkers
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- Le binge drinking (BD) est un mode de consommation d’alcool caractérisé par une alternance de consommation excessive et épisodique d’alcool, menant à l’ivresse (COPAAH, 2014), et des périodes d’abstinence (Maurage et al., 2020). Ce pattern de consommation est le plus répandu chez les jeunes adultes, notamment dans le milieu estudiantin (Miller et al., 2007). Un mécanisme, qui pourrait être à l’œuvre dans le BD, autant qu’il l’est dans le trouble sévère de l’usage de l’alcool (TSUA), serait le craving. Le craving, désir puissant ou une forte envie de consommer une substance (APA, 2013), se constitue d’une composante cognitive et d’une composante physique, pour laquelle les investigations scientifiques ne sont que très faibles. Dans le processus de craving, un autre phénomène est impliqué : l’intéroception. Ce dernier permet de percevoir et de traiter les signaux internes, permettant l’intégration des manifestations physiques du craving. Diverses recherches ont mis en évidence la base neuroanatomique qui serait à l’origine de ces mécanismes, l’insula (Craig, 2009 ; Naqvi et al., 2007) Le dessein de ce mémoire consistait en l’exploration des manifestations physiques du craving sur une population de BD (âgés de 18 à 27 ans) afin d’objectiver de potentiels liens entre le craving physique et d’autres variables sous-jacentes. Pour ce faire, 76 sujets ont été invités dans les laboratoires de la Faculté de Sciences Psychologiques et de l’Education de l’UCLouvain afin de compléter divers questionnaires. Parmi ces questionnaires, la complétion de la body map, outil central de notre étude, était particulièrement instructive en ce qui concerne les sensations physiques rapportées. Les résultats de cette étude ont permis de mettre en évidence des corrélations d’intensité modérée entre le craving physique et les états dépressifs, le craving cognitif et la consommation afin d’atténuer des affects négatifs. Toutefois, au vu de la nature novatrice de cette étude et de l’intensité observée des corrélations, l’approfondissement de ce sujet permettrait la réplication, ou non, de nos résultats.