À un souffle du danger : l’apprentissage par l’erreur via les débriefings de quasi-accidents chez les pompiers belges
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- Le métier de pompier nécessite un apprentissage continu au vu de sa complexité et des dangers qui incombent à cette profession (Woodall 1998, as cited in Douesnard & Saint Arnaud, 2011) Cette recherche s’intéresse à l’apprentissage par l’erreur lors des débriefings post-intervention, notamment à la suite d’un quasi-accident, chez les pompiers. Si ce type d’apprentissage a déjà fait l’objet d’études dans le domaine des soins infirmiers (Bauer et al., 2016) ou dans le cadre de l’usage de la vidéo lors de débriefings post-simulation chez les sapeurs-pompiers (Dubois et al., 2024), il reste peu exploré dans le cas d’interventions réelles chez les pompiers. Pour ce faire, les cadres théoriques de Harteis et Bauer (2014) ainsi que Bauer et al. (2016) sur l’apprentissage par l’erreur ont été mobilisés. Une méthodologie mixte en parallèle a été utilisée. La partie qualitative, réalisée à partir d’entretiens semi-directifs avec 14 sous-officiers de quatre casernes de Wallonie, a éclairé la place de l’erreur, la procédure pour la gérer et l’identification des difficultés relatives au débriefing. La partie quantitative, qui repose sur un questionnaire destiné aux sapeurs-pompiers du cadre de base, a permis d’observer des tendances générales (Creswell, 2015) concernant l’engagement, le climat organisationnel d’apprentissage par l’erreur, le travail en équipe et l’adaptabilité de celle-ci ainsi que l’expérience de débriefing. Un échantillon composé de 456 individus nous a permis de mener des analyses inférentielles et de tirer des conclusions rigoureuses. Les résultats indiquent qu’un climat de confiance et une communication ouverte sont indispensables. Également, les erreurs mises en avant sont d’ordre matériel, physique ou moral. Elles peuvent contribuer à améliorer les pratiques chez les pompiers si elles sont analysées et si une réflexion sur les causes est réalisée (Bauer et al., 2016). Par ailleurs, le statut, l’ancienneté, l’engagement (De Ketele, 2013), le climat organisationnel, le travail en équipe (Salas et al., 2005) ainsi que la fréquence des débriefings influencent de manière significative l’expérience de débriefing. Pour conclure, diverses pistes sont proposées afin d’approfondir l’impact des réformes, le rôle des volontaires, les spécificités liées à la localisation des casernes, ainsi que la place de la femme. Ces différentes pistes permettront de mieux comprendre et soutenir ce métier exigeant.