La compensation reproductive via une plasticité architecturale chez le petit rhinanthe (Rhinanthus minor L.) face au broutement sélectif du chevreuil (Capreolus capreolus L.) dans une prairie semi-naturelle
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- Ce mémoire a pour objet l’étude de la compensation reproductive via une plasticité architecturale chez le petit rhinanthe (Rhinanthus minor L.) face au broutement sélectif du chevreuil (Capreolus capreolus L.) dans une prairie semi-naturelle. Rhinanthus minor est une espèce hémiparasite, annuelle et monocarpique, que l’on retrouve communément au sein des prairies de fauche extensives où elle est attaquée par C. capreolus. Ce mémoire vise à examiner la capacité de cet hémiparasite annuel à tolérer un broutement sélectif ainsi que les conséquences de cette interaction pour sa dynamique de population. Dans la prairie de la réserve de Housta (Belgique), des individus de R. minor ont été suivis afin de documenter l’évolution de traits morphologiques, la phénologie et de collecter des données spatialisées et temporelles sur l’herbivorie du chevreuil. L’objectif était de caractériser la pression d’herbivorie subie par R. minor ainsi que sa capacité de compensation reproductive à la suite de cette herbivorie. Cette étude met en évidence une herbivorie non aléatoire de la part des chevreuils, sélective envers les individus de petit rhinanthe les plus visibles et présentant un potentiel reproducteur plus élevé. Les chevreuils ciblent majoritairement les parties apicales lorsque celles-ci sont reproductives (bourgeons, fleurs et fruits), privant ainsi les individus broutés d’une part de leur fitness. Les résultats montrent que les plantes consommées présentent un déficit moyen net dans la production totale de fruits et par conséquent, une diminution de leur fitness, compte tenu de leur nature monocarpique. Toutefois, une compensation reproductive, définie comme une production de fruits égale à celle attendue pour un individu intact de même taille, via la levée de la dominance apicale, est observée bien qu’elle soit très contextuelle. La compensation reproductive n’est détectée que chez les individus possédant une surface de tige faible à moyenne (inférieure à 1,31 mm). Elle dépend également de facteurs extrinsèques : plus une plante est attaquée tardivement, moins elle aura encore des ressources pour compenser. Globalement, R. minor présente une plasticité architecturale permettant une tolérance partielle à l’herbivorie, mais insuffisante pour compenser les coûts reproductifs du broutement sélectif. En ciblant préférentiellement les individus les plus vigoureux, les chevreuils exercent une pression de sélection non aléatoire sur les traits de croissance et de phénologie, dans un contexte fortement modulé par la qualité des hôtes et la structure de la communauté végétale.