Mise en œuvre de la Salle de Consommation à Moindres Risques à Liège : Expérience des usagers qui la fréquentent
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- L’usage de drogues est associé à de très nombreux problèmes sanitaires et sociaux qui peuvent être directement liés à la consommation de drogue et/ou aux conditions de vie des usagers. Depuis quelques années, des interventions de Réduction des Risques (Rdr) qui visent la réduction des conséquences négatives liées à l’usage de drogue, légale ou illégale, aux niveaux sanitaire, social et économique, sans pour autant viser la réduction de la consommation elle-même, existent dans le monde entier. Parmi ces nombreuses interventions, nous retrouvons les Salles de Consommation à Moindres Risques (SCMR) qui se sont implémentées dans de nombreux pays depuis une trentaine d’années. Bien que leurs modèles opérationnels soient différents en fonction des contextes locaux, les SCMR ont des objectifs similaires. En terme de santé publique, la première finalité des SCMR est d’atteindre et de maintenir un contact avec des consommateurs de drogue à haut risque sanitaire qui sont un public précarisé, marginalisé et fragilisé, ayant généralement des besoins importants en matière de santé et ne disposant pas de possibilités de consommation dans des conditions d’hygiène acceptables (KENNEDY et al., 2017). Les SCMR réduisent les dommages sur la santé liés à la consommation de drogue en procurant un environnement hygiénique pour les usagers, limitant ainsi les risques de mortalité et de morbidité associés à la transmission de maladies, aux infections et à la surdose. Ensuite, elles ont pour but d’améliorer la santé et le bien-être des usagers en leur facilitant l’accès aux soins de santé et en tentant de résoudre certains de leurs problèmes. Elles servent également de tremplin vers d’autres services sociaux et médicaux, y compris des programmes de traitement de la toxicomanie. En terme de sécurité publique, l’objectif est de réduire les nuisances publiques associées à l’usage de drogue par la diminution de la consommation dans les lieux publics et les problèmes connexes, ainsi que la diminution du nombre de seringues jetées sur la voie publique. Dans la littérature scientifique internationale, les SCMR ont été évaluées comme ayant atteint leurs objectifs de santé et de sécurité publiques. En Belgique, la première SCMR ayant été mise en œuvre depuis septembre 2018, aucune étude qualitative n’a encore été faite sur son implémentation et l’objectif de ce mémoire est d’enrichir la littérature scientifique à son sujet. Selon le rapport d’activités de la SCMR de Liège, elle avait déjà atteint le nombre ciblé d’usagers après 6 mois. Le but de notre recherche est de confirmer ou d’infirmer que du point de vue de ses usagers, la SCMR répond bien à ses objectifs dans son activité quotidienne et fonctionne aussi bien dans le contexte liégeois que les autres SCMR dans le monde. Méthodes : La méthode consiste en la réalisation d’entretiens qualitatifs semi-directifs de 6 usagers qui ont été recrutés dans la SCMR. Les enregistrements des entretiens sont anonymes, ils ont été retranscrits et analysés à l’aide d’une analyse thématique. Résultats : Les résultats nous montrent que la SCMR de Liège atteint ses objectifs de santé publique en prenant en compte le point de vue de ses usagers et ils suggèrent que la conception et le modèle opérationnel de la SCMR de Liège sont acceptés par la majorité des usagers. Confirmant les résultats présentés dans la littérature scientifique existante, les usagers fréquentent la SCMR de Liège parce que c’est un environnement sécurisé, qu’il y a un comptoir d’échange de seringues, un service médical et qu’ils tissent des liens avec l’équipe de soignants.