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Dugernier_2012.pdf
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- Aux soins intensifs, la résistance aux antibiotiques des germes responsables des infections nosocomiales pulmonaires vient grever le pronostic vital d’une patientèle vieillissante atteinte de co-morbidités sévères. Dans le cas de germes à CMI élevée, l’antibiothérapie inhalée possède un haut potentiel bactéricide par rapport à la voie intraveineuse tout en assurant une minimisation du risque potentiel de toxicité systémique. Les concentrations élevées obtenues au niveau de l’arbre trachéobronchique après inhalation semblent permettre une résolution efficace de l’infection dans la trachéobronchite associée à la ventilation mécanique (TAV). En ce qui concerne le traitement de la pneumonie associée à la ventilation mécanique (PAV), la déposition effective au niveau du parenchyme pulmonaire infecté reste à démontrer, malgré les concentrations élevées mesurées par lavage broncho-alvéolaire. La voie inhalée comme méthode d’administration n’est pas envisageable dans le traitement de la PAV en raison du risque de bactériémie. La variabilité de l’effet bactéricide obtenu par la combinaison de la voie inhalée et de la voie intraveineuse se répercute sur l’impact clinique, avec la guérison de 51 à 95% des PAV et une mortalité de 14 à 43%. Ces résultats reposent sur peu d’études, majoritairement rétrospectives et non comparatives, dotées d’une faible puissance statistique et d’un manque de rigueur dans la méthode. Le rôle de l’antibiothérapie inhalée aux soins intensifs reste à définir. L’évaluation de cette voie d’administration doit être poursuivie afin de confirmer son intérêt dans le traitement de la TAV et de définir sa place dans le traitement de la PAV.