Àyo : Ethnographie des pratiques de guérison et de la santé aux Philippines (Manille, Cebu, Siquijor)
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- Ce mémoire s’inscrit dans une anthropologie du sensible et de la guérison, à partir d’une terrain multisitué mené aux Philippines (Manille, Cebu et Siquijor). En tant que patiente-chercheuse, j’ai mobilisé mon corps comme outil d’enquête pour comprendre ce qu’est « être malade » et, à travers les pratiques de guérison, percevoir les contours de la santé et de la guérison. À Manille, j’ai exploré la culture locale, appris l’anglais et quelques mots en tagalog, comme Ayo qui signifie to heal, to care, to cure. Ainsi, je me suis rendu compte de l’importance linguistique de mon terrain. J'y ai observé l’importance du religieux dans le quotidien, les célébrations et les lieux chargés de références chrétiennes. À Siquijor, j’ai séjourné plus de deux mois et demi auprès d’une guérisseuse-chamane (mananambal) anglophone, après avoir rencontré plusieurs autres guérisseurs et guérisseurs-chamanes. Mon apprentissage progressif m’a permis de saisir les multiples dimensions de la guérison et de la santé : le care et le soin technique, l’importance communautaire, la relation avec le religieux, la protection contre la magie noire et autrui et un continuum de pratiques de guérison au niveau émotionnel, spirituel, psychologique, physique. Ces expériences révèlent que la santé aux Philippines s’élargit au bien-être et que la maladie inclut le mal-être. La guérison apparaît ainsi comme un processus holistique de la santé et de la guérison où gestes, discours et relations sont indissociables.