Cybervictimisation et Santé mentale : Étude quantitative longitudinale auprès des élèves du début du Secondaire en Belgique francophone
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- La cybervictimisation, bien que sa définition soit débattue (Chun et al., 2020) et que sa prévalence (Camerini et al., 2020) diffère d’une étude à une autre, concernerait 15 à 25% des adolescent.e.s (Fougeret-Linlaud, 2022). Elle a de nombreuses conséquences sur plusieurs plans : physique, comportemental et psychologique, affectant ainsi le bien-être général des jeunes, qui en sont victimes (Chun et al., 2020). Parmi les problèmes internalisés liés à la cybervictimisation figurent notamment la dépression, dont la prévalence ne cesse d’augmenter en passant de 24% entre 2001 et 2010 à 37% entre 2011 et 2020, ainsi, elle est la 4ème cause de maladie et de handicap dans le monde (Shorey et al., 2021). Les adolescent.e.s belges sont également concerné.e.s : un quart de la population aurait connu un épisode dépressif avant l’âge de 16 ans (Willems et al., 2024). Parmi l’ensemble des facteurs impliqués à la fois dans l’apparition et la persistance de la dépression, les pensées répétitives négatives s’avèrent ainsi en être un particulièrement important (Dennehy et al., 2020). Cette recherche vise à étudier si les pensées répétitives négatives sont un médiateur au Temps 2 dans la relation entre la cybervictimisation au Temps 1 et la dépression au Temps 2 auprès de 1821 élèves (Femmes : 920 (50.52%), Hommes : 764 (41.95%) et Autres : 7 (0.38%)) du début du secondaire en Belgique (M = 12.30 ans ; SD = 0.819 au Temps 1, M = 12.58 ans ; SD = 0.759 au Temps 2), afin de répondre aux lacunes des précédentes études. Les résultats de cette étude mettent en évidence que la cybervictimisation prédit positivement les pensées répétitives négatives, qui prédisent à leur tour la dépression, confirmant le rôle médiateur des pensées répétitives négatives dans la relation entre la cybervictimisation et la dépression. L'effet direct de la cybervictimisation sur la dépression demeure toutefois significatif une fois la médiation prise en compte, ce qui indique que nous avons trouvé une médiation partielle. Ces résultats plaident en faveur du développement d'interventions ciblant spécifiquement les pensées répétitives négatives, telles que les thérapies cognitivo-comportementales centrées sur les pensées répétitives négatives ou sur le cyberharcèlement, en prévention de la dépression chez les jeunes victimes de cybervictimisation.