Burn-out et Parentification : Que disent les enfants de parents épuisés sur leur prise de rôles parentaux au sein du foyer, et sur la charge que cela représente pour eux ?

(2025)

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Ces dernières années, particulièrement après la pandémie de Covid-19, le burnout parental est apparu comme une problématique de santé publique. Ce syndrome, caractérisé par un épuisement intense lié au rôle parental, une distanciation émotionnelle vis-à-vis de l’enfant et un sentiment d’inefficacité parentale (Roskam et al., 2017), engendre des conséquences importantes tant pour le parent que pour l’enfant. Parallèlement, la littérature sur la parentification met en lumière les effets parfois délétères d’une inversion des rôles parent-enfant, particulièrement lorsque ce dernier est amené à assumer des responsabilités dépassant ses compétences développementales (Boszormenyi-Nagy & Spark, 1973 ; Le Goff, 2000). A ce jour, peu d’études ont toutefois exploré ces deux phénomènes conjointement, du point de vue de l’enfant. L’objectif de ce mémoire était d’explorer les liens possibles entre le burnout parental et la parentification, en investiguant la prise de rôles parentaux par les enfants au sein de leur foyer, et leur perception de la charge mentale, physique et émotionnelle associée, dans un contexte d’épuisement parental. Inscrite dans une démarche qualitative et exploratoire suivant les principes de l’analyse phénoménologique interprétative (IPA), cette étude s’est appuyée sur l’analyse secondaire d’entretiens semi-directifs menés auprès de 24 participants âgés de 8 à 18 ans, issus de 21 familles exposées à l’épuisement parental. Les résultats mettent en évidence plusieurs formes de prise de rôles parentaux, allant d’une aide instrumentale ponctuelle à une parentification émotionnelle plus marquée, souvent exécutées dans l’optique de soulager le parent épuisé. Si certains enfants perçoivent des effets positifs à leur contribution et l’offrent spontanément, d’autres expriment un sentiment de contrainte ou de surcharge, parfois lié à un manque de reconnaissance de l’effort fourni. Pour faire face à cette situation, les enfants adoptent diverses stratégies : certains s’isolent, d’autres cherchent à se changer les idées, et d’autres encore préfèrent en parler avec leur entourage ou des professionnels de santé. Cette étude souligne donc l’importance de la détection, la prévention et l’accompagnement de ces dynamiques, et constitue une base pour de futures recherches plus approfondies, qu’elles soient qualitatives ou quantitatives, auprès d’échantillons plus larges et culturellement diversifiés.