Suivi régional de la pollution atmosphérique azotée par les lichens : Le rôle conjoint des teneurs et de la signature isotopique en azote
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Robin,Henry_54241900_2026.pdf
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- Les lichens n'ont ni racines ni cuticule. Tout leur azote vient de l'atmosphère. Leur teneur en azote (%N) et leur signature isotopique (δ¹⁵N) enregistrent donc directement la pollution azotée qu'ils reçoivent, l'une son intensité, l'autre sa nature, agricole ou liée à la combustion. Ce mémoire teste si cette combinaison, mesurée sur Xanthoria parietina, permet un suivi régional de la pollution azotée en Wallonie, à partir d'un réseau de 131 sites mis en relation avec l'occupation du sol, le trafic, l'industrie et la densité de population. Les résultats montrent que le %N et le δ¹⁵N ne répondent pas à la même échelle spatiale. Le premier intègre le paysage sur plusieurs kilomètres. Le second réagit aux sources locales sur quelques centaines de mètres seulement. Les sites cultivés affichent un δ¹⁵N élevé, à l'inverse de ce que prédit la littérature. Ce résultat s'explique par l'apport de poussières de sol enrichies en ¹⁵N plutôt que par l'élevage, peu présent en Wallonie. Le δ¹³C, mesuré en complément, sépare les sites cultivés des sites artificialisés que les deux indicateurs azotés confondaient jusque-là. La combinaison du %N, du δ¹⁵N et du δ¹³C permet donc de quantifier l'intensité de la pollution azotée et de distinguer, dans une certaine mesure, plusieurs types de sources.