Temps et vivant : Esquisse de la temporalité du vivant végétal à partir de l'ontologie de la vie chez Hans Jonas

(2023)

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Le concept de biomasse se révèle problématique sur le plan philosophique dans la mesure où il ne distingue pas le vivant du « sans vie » ; n’entre dans le registre de la biomasse qu’une matière dite « organique » qui a pourtant été dépouillée de tous ses traits de vie. La présente recherche entend restaurer la distinction entre le vivant et l’inerte en resituant la biomasse dans sa temporalité, qui est celle du vivant. Dans une perspective inspirée de Hans Jonas, une telle temporalité se caractérise comme horizon de transcendance, en tant qu’avenir ouvert par l’organisme préoccupé par son maintien dans l’être face à la possibilité toujours imminente de la mort. Cela nécessite parallèlement de repenser le phénomène du temps, non plus comme le temps objectif extérieur à tout point de vue, mais comme la temporalité d’un point de vie, dans son ouverture au monde. La temporalité du vivant végétal, dans sa spécificité, permet de révéler l’enchevêtrement de temporalités au sein duquel les vivants sont toujours déjà pris. La vie végétale offre ainsi un remède aux ontologies dualiste et réductionniste dans leur commun rejet du monde.
The concept of biomass is philosophically problematic insofar as it does not distinguish the living from the “lifeless”; only so-called “organic” matter enters the biomass register, which has nevertheless been stripped of all its life traits. This research intends to restore the distinction between the living and the inert by resituating the biomass in its temporality, which is that of the living. From a perspective inspired by Hans Jonas, such temporality is characterized as a horizon of transcendence, as a future opened up by the organism preoccupied with its maintenance in being, faced with the ever-imminent possibility of death. At the same time, this requires rethinking the phenomenon of time, no longer as external objective time from any point of view, but as the temporality of a point of life, in its openness to the world. The temporality of plant life, in its specificity, makes it possible to reveal the tangle of temporalities within which living things are always already caught. Plant life thus offers a remedy for dualistic and reductionist ontologies in their common rejection of the world.