Russie, statut et contre-normes : comment Alexandre Douguine prend-il part à la quête du statut de la Russie par la promotion de contre-normes sur sa chaîne Telegram ?

(2025)

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À la fin de la guerre froide, l’Ordre libéral international (LIO) se renforce et fait basculer le monde vers une structure unipolaire. L’Occident se lance alors dans un processus d’universalisation de son modèle, de ses valeurs et de ses normes au sein d’un système qui laisse peu de place à la contestation. Au sein de cet ordre, la Russie, tout juste dépossédée de son statut de grande puissance, peine à trouver une place à la hauteur de ses ambitions. Elle perçoit nombre d’événements comme des marques d’irrespect, de manque de reconnaissance, voire d’humiliation de la part des Occidentaux. Or, dès la désintégration de l’URSS, tous les efforts de la Russie se tournent vers un objectif ultime : la restauration de son statut de grande puissance. Dernièrement, dans un contexte de crise du LIO, Moscou effectue un retour idéationnel et s’élève en acteur central de la contestation internationale. Concrètement, la Russie déploie des efforts substantiels dans la contestation et la révision des normes libérales par la promotion de contre-normes, qui lui permettront de rehausser son statut. Ordre multipolaire et multicivilisationnel, centralité de la souveraineté, retour aux valeurs traditionnelles – le tout en ferme opposition à l’Occident – sont les nouvelles normes à adopter selon Moscou. Dans un pays où l’influence des intellectuels mérite d’attirer l’attention, dans un monde où la communication est profondément dépendante des réseaux sociaux, Alexandre Douguine et sa chaîne Telegram jouent un rôle de taille dans la promotion de contre-normes en vue de rendre à la Russie le statut de superpuissance auquel elle aspire.