Du tabou au dialogue intergénérationnel à propos des mutilations génitales féminines : Une recherche exploratoire par entretiens semi-directifs auprès de professionnels de la santé mentale et de femmes ayant subi une mutilation génitale féminine.
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- Contexte : Les mutilations génitales féminines sont reconnues comme une atteinte à la dignité humaine. Pourtant, malgré un engagement international visant à l’éradication de cette pratique, cette dernière est encore très répandue. Dans certains pays, elle constitue même la norme avec un taux de prévalence pouvant atteindre les 99%. Par ailleurs, les MGF concernent aussi l’Europe. En Belgique par exemple, on estime que plus de 35.000 femmes et filles sont concernées par l’excision. Or, les MGF engendrent de nombreuses conséquences, toutes néfastes, sur la santé physique et psychologique de celles qui les subissent. En particulier, au niveau psychologique, les études montrent que l’évènement est vécu comme un véritable traumatisme et que les survivantes sont donc plus à risques de développer des troubles psychiatriques. De plus, le silence entourant cette tradition engendre des conséquences sur le trauma. La présente étude doit permettre d’envisager s’il existe effectivement, ou non, un dialogue intergénérationnel à propos des MGF. Par la suite, si une absence est constatée, les fonctions de ce tabou seront envisagées. Méthode : Une revue approfondie de la littérature scientifique a été combinée à une méthode qualitative. Dix entretiens semi-directifs ont été réalisés dans les villes de Bruxelles et de Namur. L’échantillon comprend des professionnels de la santé engagés dans la lutte contre les MGF ainsi que des femmes directement concernées par cette pratique. Résultats : Une arborescence permettant de synthétiser la complexité du phénomène étudié a été réalisée. Les résultats concernent cinq aspects du phénomène : (1) Les facteurs identifiés comme encourageant la perpétuation de la pratique ; (2) L’existence d’un dialogue intergénérationnel ; (3) L’identification des facteurs explicatifs de l’absence d’un dialogue ; (4) Les conséquences du tabou caractérisant la pratique ; (5) Les enjeux de la promotion d’un tel dialogue. Discussion et conclusion : Les résultats obtenus ne permettent pas d’établir de relations corrélationnelles. Ils doivent être considérés comme des hypothèses explicatives. Une seconde étude interrogeant cette fois des personnes, hommes et femmes, directement concernés pas les MGF serait intéressante à mener afin d’étayer et de nuancer les résultats obtenus. L’importance de promouvoir un dialogue intergénérationnel à propos des MGF a été mise en lumière. L’étude offre une nouvelle voie intéressante pour la définition de ce qu’est un « dialogue intergénérationnel » et de ce que ce dernier impliquerait.