L’influence des déterminants socioculturels sur les comportements en santé et sur l’autosoin des adultes d’origine maghrébine vivant avec un diabète de type 2 : Etude réalisée dans la Région de Bruxelles-Capitale.

(2026)

Files

TATSINKOU_72731800_2026.pdf
  • Open access
  • Adobe PDF
  • 1.82 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Contenu : Le diabète de type 2 (DT2) est une maladie chronique dont la prévalence mondiale ne cesse d’augmenter, avec des répercussions majeures en matière de morbidité et de coûts sociétaux. Les populations migrantes, dont les personnes originaires du Maghreb installées en Belgique depuis les années 60, présentent une prévalence de DT2 plus élevée et un contrôle glycémique moins favorable que la population belge d’origine. Ces inégalités de santé s’expliquent par des facteurs génétiques, pré et post-migratoires, socio-économiques et culturels. Ce mémoire visait à comprendre l’influence des déterminants socioculturels sur les comportements de santé et les pratiques d’autosoin des adultes d’origine maghrébine vivant avec un DT2, dans une perspective de prévention tertiaire, de promotion de la santé et d’éducation thérapeutique. Trois objectifs ont guidé la recherche : comprendre les représentations de la maladie et leur incidence sur l’autosoin ; identifier les obstacles et facilitateurs socioculturels de l’autosoin ; et explorer le rôle du contexte social, du soutien familial et du relais communautaire dans ces pratiques. Méthodes : Une méthode qualitative a été privilégiée. L’échantillon, constitué par recrutement via des maisons médicales, des associations bruxelloises et un effet boule de neige, comprend huit adultes dont sept femmes et un homme d’origine maghrébine vivant avec un DT2 dans plusieurs communes bruxelloises. Des entretiens semi-directifs ont été menés à l’aide d’un guide d’entretien. Les entretiens ont été enregistrés, retranscrits intégralement puis soumis à une analyse thématique. L’étude a reçu un avis favorable du comité d’Ethique Hospitalo-Facultaire de Saint-Luc. Résultats : Les pratiques d’autosoin des participant.e.s sont façonnées par leurs représentations de la maladie (hérédité, stress, croyances spirituelles) et par leur vécu émotionnel du diagnostic marqué par un cheminement entre le choc, le déni et l’acceptation progressive. Les entretiens révèlent une forte diversité de pratiques d’autosoin combinant les recommandations médicales, les médicaments traditionnels, les pratiques religieuses et une négociation constante entre les exigences médicales et les pratiques culturelles. Le soutien social, familial et communautaire apparaît comme un facteur déterminant de l’adhésion thérapeutique des participantes. Les résultats confirment que l’autosoin du DT2 nécessite une approche systémique intégrant les représentations, les pratiques traditionnelles et les contraintes sociales. Ce mémoire plaide pour une éducation thérapeutique culturellement adaptée, susceptible de renforcer l’adhésion aux soins et de retarder l’apparition des complications liées au DT2.