Comment des femmes âgées de 24 à 36 ans en situation de précarité vivent-elles leur préparation à la maternité ? -Enquête sur le programme des 1000 premiers jours en Région de Bruxelles-Capitale

(2026)

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Memoire LACOMTE Laetitia juin 2026.pdf
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La période des 1000 premiers jours représente un enjeu majeur de santé publique, en raison de son influence sur la santé et le développement de l’enfant ainsi que sur les trajectoires de vie futures. En Belgique, le programme interfédéral des 1000 premiers jours vise à renforcer la prévention, l’accompagnement périnatal et la réduction des inégalités sociales de santé dès la période préconceptionnelle. Pourtant, certaines femmes restent confrontées à des situations de précarité, d’instabilité résidentielle, d’isolement ou de stigmatisation pouvant influencer leur préparation à la maternité et leur accès aux ressources disponibles. Ce mémoire explore la manière dont des femmes âgées de 24 à 36 ans vivant en Région de Bruxelles-Capitale vivent leur préparation à la maternité dans ce contexte. Méthode : La présente étude utilise une approche qualitative basée sur quinze entretiens semi-directifs réalisés auprès de femmes se percevant comme étant en projet de maternité. Parmi les participantes, plusieurs vivaient des situations de sans-chez-soirisme, de précarité ou de vulnérabilité psychosociale. Les données ont été analysées selon une approche thématique inductive afin d’identifier les expériences vécues, les ressources mobilisées ainsi que les obstacles rencontrés dans la préparation à la maternité. Résultats et discussion : Les résultats mettent en évidence que la maternité est largement envisagée comme un projet conditionné par certaines formes de stabilité, notamment en matière de logement, de ressources financières, de santé et d’environnement relationnel. Les participantes mobilisent différentes ressources informelles, communautaires et institutionnelles, bien que leur accès demeure inégal selon les situations. Les résultats soulignent également l’importance des expériences de méfiance envers les institutions, particulièrement en lien avec la peur du contrôle, du jugement ou du placement de l’enfant, pouvant conduire à des situations de non-recours aux services. À l’inverse, les relations perçues comme stables, bienveillantes et non jugeantes favorisent davantage le recours à l’accompagnement. Cette étude met également en évidence certaines limites dans l’effectivité des objectifs portés par le programme interfédéral des 1000 premiers jours pour les femmes les plus vulnérables. Elle souligne l’importance de développer des dispositifs d’accompagnement accessibles, continus et adaptés aux réalités sociales des femmes afin de réduire les inégalités sociales de santé en périnatalité et de renforcer l’accessibilité des politiques publiques périnatales.