Etude des facteurs explicatifs et prédictifs de démission des collaborateurs : le cas d'Easi

(2025)

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Ces dernières années, les entreprises belges ont été confrontées à une augmentation marquée des démissions volontaires de leurs employés. Ce phénomène s’est accentué après la crise du Covid-19, révélant une transformation profonde des attentes professionnelles dans un marché de l’emploi redevenu favorable. En 2022, environ 12.3 % des travailleurs belges en CDI ont quitté leur poste de leur propre initiative, contre 8.7 % en 2020, soit une hausse notable en deux ans (Securex, 2023). Cette dynamique, bien que souvent perçue comme un signe d’émancipation professionnelle, engendre des conséquences importantes pour les organisations : hausse des coûts, perte de compétences clés, réorganisation des équipes et fragilisation de la culture d’entreprise. Dans le secteur des technologies de l’information (IT), ce phénomène prend une dimension encore plus critique. La pénurie de talents numériques, particulièrement en Wallonie et à Bruxelles, renforce la concurrence entre employeurs et accroît la volatilité des profils qualifiés. Dans ce contexte, les entreprises IT doivent redoubler d’efforts pour limiter les départs volontaires de leurs collaborateurs, sous peine de voir leurs projets ralentis ou leur croissance freinée. Easi, une entreprise belge spécialisée dans les services informatiques, illustre bien cet enjeu. Malgré une croissance soutenue, une culture interne valorisant le bien-être, et reconnue parmi les meilleurs employeurs du pays, elle n’échappe pas à la problématique des départs volontaires. Ce constat a motivé la réalisation d’un mémoire-projet au sein du département Data d’Easi. L’objectif principal de ce travail est d’identifier les facteurs qui influencent la décision d’un collaborateur de quitter volontairement l’entreprise. Pour ce faire, une analyse approfondie des données internes de ressources humaines a été menée, dans une logique de collaboration avec l’entreprise. Ce mémoire vise ainsi à fournir des pistes concrètes aux équipes RH pour comprendre et anticiper les départs non souhaités. La démarche adoptée repose sur une approche dite « Empirics-first » : l’analyse débute par l’exploitation des données réelles de l’entreprise avant d’être enrichie par des apports issus de la littérature académique. Le cadre théorique mobilisé s’appuie notamment sur la théorie de l’autodétermination (SDT), la théorie des deux facteurs de Herzberg, ainsi que sur plusieurs études antérieures sur le turnover volontaire. Ce choix méthodologique permet d’ancrer la réflexion dans la réalité spécifique d’Easi, tout en bénéficiant de repères conceptuels solides pour interpréter les résultats. L’étude se concentre exclusivement sur les démissions volontaires, à l’exclusion des licenciements, afin d’assurer la pertinence et la clarté de l’analyse. Les facteurs examinés sont principalement d’ordre démographique, contractuel et organisationnel. En définitive, ce mémoire ambitionne de fournir à Easi une meilleure compréhension des mécanismes qui sous-tendent les départs volontaires, et de poser les bases d’outils permettant d’anticiper ce type de décision dans un cadre organisationnel spécifique.