La dyskinésie scapulaire et sa relation avec l'épaule douloureuse du nageur : revue de la littérature

(2013)

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La pratique de la natation à haut niveau confronte ses adeptes à diverses atteintes dont la douleur d’épaule est le problème le plus communément rencontré et dont la prévalence varie de 40 à 91%. Les causes « d’épaule du nageur » sont multifactorielles incluant des facteurs extrinsèques et des facteurs intrinsèques pouvant contribuer à la formation du syndrome de « l’épaule du nageur ». Depuis plusieurs années, les études accordent de plus en plus d’importance sur le rôle de la cinématique scapulaire dans l’apparition de douleur d’épaule. En effet, ce n’est pas moins de quatre rôles que l’articulation scapulo-thoracique va réaliser afin de permettre à l’épaule de fonctionner de manière optimale. C’est pourquoi, chez un sportif de haut niveau utilisant le membre supérieur, comme en natation, la qualité du mouvement va dépendre de l’interaction entre la cinématique scapulaire et la cinématique gléno-humérale. Une altération de la position de la scapula et de la cinématique scapulaire, aussi appelé, dyskinésie scapulaire, peut entrainer des contraintes à l’articulation gléno-humérale et peut prédisposer le sujet à un risque de blessure d’épaule. Cette dyskinésie scapulaire peut être causée par une perturbation anatomique mais aussi par des déficits neurologiques et musculaires. En natation, la dyskinésie scapulaire apparait tout au long d’une session d’entrainement pour toucher près de 82% des nageurs en fin de séance et semble être causée par une fatigue des muscles stabilisateurs de la scapula et particulièrement par la fatigue du muscle dentelé antérieur. C’est pourquoi, bien que n’ayant pas de consensus clair dans la littérature qui affirme que la dyskinésie scapulaire est le facteur causal primaire de la survenue de douleur d’épaule, sa présence et l’augmentation de sa prévalence durant un entrainement de natation, ainsi que les contraintes qu’elle peut engendrer à l’articulation de l’épaule, laissent à penser que l’altération de la position et de la cinématique scapulaire est peut-être le facteur causal primaire de la douleur d’épaule chez ces athlètes. Par conséquent, le thérapeute devrait toujours observer, évaluer et rééduquer la dyskinésie scapulaire dans le traitement de la douleur d’épaule.